‹ Théses d'histoire et nouvelles historiquesChapitre 73 sur 226 · Lettres sur Vhistoire de France, n · texte numérisé non relu

Lettres sur Vhistoire de France, n

2. C'est le nom donné par M. Thierry. Nous disons ordinairement Corlovingiens.

giens dans la plus grande partie du pays^ Ce même Charles de Lorraine s'empara de la ville de Laon en 988 ; Soissons et Beims tombèrent en son pouvoir et il défit Hugues Capet en bataille rangée en 989. Si son bonheur s'était soutenu, la troisième race n'aurait peut-être pas existé ; et alors que serait devenu le système? Adalbéron, évêque de Laon, livra sa ville et avec elle Charles et sa femme à Hugues Capet, qui se trouva ainsi débarrassé du seul représentant redoutable de la seconde dynastie^. Mais il est si peu exact que le sentiment national se fût prononcé contre la famille carolingienne, que tout le monde vit avec plaisir, une soixantaine d'années plus tard, le mariage de Hugues, troisième fils du roi Henri I", avec Adèle ou Adélaïde, fille et héritière d'Herbert, comte de Yermandois et descendante de Gharlemagne*. C'était aussi leur descendance de ce grand prince que les Guises mettaient en avant beaucoup plus tard pour justifier leur rébellion contre les derniers Valois, et se frayer le chemin au trône. Tout cela montre que la seconde race de nos rois n'était pas aussi haïe qu'il platt à M. Thierry de le dire ; et que Voltaire a mieux jugé quand il a écrit^ : « Ce ne fut point un parlement de la nation qui priva Charles de Lorraine du droit de ses ancêtres, comme l'ont dit tant d'historiens : ce fut ce qui fait et défait les rois, la force aidée de la prudence. » Ce sont en effet là les deux leviers les plus puissants pour établir ou renverser les choses de ce monde. Je suis loin d'entendre par ce mot prudencôj cette prévision absolue qui n'appartient qu'à Dieu : je veux dire seulement qu'il y a certaines circonstances où un homme a seul la force nécessaire pour tourner

1. Les Mérovingiens et les KarUmngienSy et la France sous ces dynasties ^ t. III^ p. 180^ année 987.

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