Bûtoirê de saint lovif , inrli, 1S26, p
190 LE JARDIN DBS PIAKTES.
- Amyotà écrit dans le même sens cette phrase remarquable : < Aussi faudroit-il qu'on ne sentist pas le froid, ains seulement que là où défaudroit le chaud, on entmdist le froid^ s'il n'était que privation du chaud ^ »
Et Bossuet discutant les différences de l'imagination et de Tentendement* dit avec autant de précision que d*élégance : c II y a grande différence entre tmo^ifier le triangle, et entendre le triangle ; imaginer le triangle, c'est s'en représenter un d'une mesure déterminée et avec une certaine grandeur de ses angles et de ses côtés , au lieu que Ventendre c'est en connaître la nature et sarotr en général que c'est une figure à trois côtés sans détermina* aucune grandeur ni proportion particulière.»
Il dit encore qu'on peut imaginer l'homme , e'est-à-dire s'en représenter \ia de grande ou de petite taille, blanc ou basané, sain ou malade; et Ventendre^ c'est-à-dire conceroir seulement que c'est un animal raiscmnable, sans s'arrêter à aucune de ses qualités particulières.
Il (gouteenfin: < Qu'on ne peut imo^tfMr que* les choses corporelles et sensibles, au lieu que l*on peut entendre les choses tant corporelles que spirituelles, celles qui sont sensibles et celles qui ne le sont pas, comme Dieu, Tftme, la vérité, la bonté, la justice, etc., parce que entendre n'est autre chose que connaître et discerner le vrai et le faux , ce que l'imagination, qui suit simplement le sens, ne peut avoir. »
N'est-ce pas là, je vous le demande, chez le plus grand de nos orateurs, une excellente discussion grammaticale? et n'est-il pas misérable de ne pouvoir exprimer la plus simple de nos idées, je veux dire une sensation pure, que par un composé indiquant le mouvement physique déterminé en conséquence de cette sensation. Le verbe entendre est si peu le signe ver-