Victor., Cxtorei^ n» 9. — 6. Spart., ildr., n
vertissait que je promettais plus que je ne pouvais tenir : • Il ne faut pas, répondais-je, qu*on sorte triste d'un entretien avec l'empereur K >
Adr. Cest un des mots qui vous ont fait le plus d'honneur ; tant il est vrai que les jugements populaires sont souvent au rebours du bon sens. Contenter quelqu'un par la promesse de ce qu'on ne peut, ne veut, ou ne doit lui donner, n'est-ce pas, je vous le demande, mentir pour le plaisir de mentir? et le mensonge n'est-il pas d'autant plus lâche et plus odieux que celui qui y recourt est plus haut placé ? Un empereur n'est pas un comédien chargé de faire aux gens des mines agréables. U doit à tous la vérité, comme il leur doit la justice : et s'il fait bien de la présenter sous des formes douces et obligeantes, au moins ne doit-il pas la trahir pour se faire à bon marché une réputation d'affabilité.
Trr. Hais je donnais tant que je pouvais; je ne refusais rien à ceux qui me demandaient*.
Adr. Excellent moyen pour prodiguer vos richesses à ceux qui n'en avaient aucun besoin. Les solliciteurs les plus éhontés sont toujours ceux à qui un long exercice a le plus rapporté ; et le prince qui appelle, comme vous, les demandeurs au lieu de les éloigner sagement, peut être assuré d'avance que ses faveurs seront distribuées en dépit de toute justice. Ajoutons que ceux à qui vous donniez, étaient toujours ceux qui vous approchaient, c'est-À-dire vos courtisans, qui n'en laissaient pas approcher d'autres ; ils se partageaient ainsi l'abondante rosée de vos bonnes grâces, dont il n'arrivait pas une goutte aux véritables malheureux. Ah I si vous aviez recherché la conversation des plus pauvres citoyens, si vous vous étiez enquis de leurs maux et du remède à y apporter, vous auriez fait sans doute de votre superflu une