Sueton., Tiliu, q
distribatioD plus opportune. Mais yos courtisans ni les écrivains à leurs gages ne vous auraient pas tant loué ; ils vous auraient reproché» comme à moi, d'avilir la majesté impériale * ; et, désolés de voir servir à l'avantage du peuple cet argent qu'ils convoitaient pour eux seuls, ils vous auraient peut-être refusé les honneurs divins \
Trr. Peut-être. Cependant j'ai quelque peine à croire que leurs éloges n'aient pas été sincères, ou qu'ils ne me les aient donnés que par un retour sur eox-mémes. Avec quelle ardeur n'ont-ils pas répandu ce mot qui m'était échappé un jour que je n'avais rien donné à personne : < 0 mes amis, j'ai perdu ma journée ' ! »
Adr. Vraiment, ils n'avaient pas grand mérite à louer chez vous le r^ret de ne leur avoir rien donné. Mais si nous parlons de beaux mots, ce que je dis à un ennemi personnel le jour où je fus empereur : « Maintenant te voilà sauvé \ » méritait, vous l'avouerez, l'admiration de la postérité. Ce mot ne s'est pourtant pas, comme le vôtre, répandu dans les écoles ; il n*est pas cité par tous les historiens. A quoi cela tient-il, je vous prie, sinon à ce que cette partie de la société qui fait partout et défait les réputations, aimait mieux encore vos largesses que ma générosité ?
Trr. Un des actes qui m'ont le plus concilié la bienveillance générale, c'est le traitement que j'ai fait subir aux délateurs et accusateurs publics : je les ai fait battre à coups de bâton dans le Forum ; je les ai fait conduire dans l'amphithéâtre, vendre à l'encan et déporter dans les lies les plus malsaines. Ce n'est pas tout : j*ai défendu qu'on jugeât le même crime d'après plusieurs lois difTérentes, ni qu'on