Joinvilie, Bisi, de saint Louis, p
ralité de leur idée propre, ou parce qu'elle était de nature à se représenter fréquemment, ou enfin à cause de leurs dérivés ou composés, pouvaient nous offrir quelque intérêt; et j'ai examiné s'ils étaient aussi défectifs qu'on nous l'avait dit, et si Ton ne pouvait pas, en employant, bien entendu, l'or* ttiographe actuelle, les reconstruire et les montrer dans leur entier.
— Mais, lui dis-je, c'est un sujet d'autant plus intéressant que l'ouvrage doit être court. Puisque je suis de loisir et que vous êtes encore loin de l'heure où vous reconduirez vos bambins chez eux, ne pourriez-vous me faire connaître ceux que vous avez trouvés jusqu'ici, soit que vous veuilliez continuer ce travail, ou que, content d'avoir montré la route, vous disiez à vos successeurs :
On le peut, je ressaye, un plus heureux le fasse.
— Je ne demande pas mieux, ce sera pour moi une bonne fortune d'avoir un interlocuteur dans l'exercice de mes fonctions ; seulement vous m'excuserez si je ne mets pas beaucoup d'ordre dans mon examen.
— Allez toujours; à la campagne comme à la campagne. Vous n'avez pas ici un juge bien sévère : les bois inspirent l'indulgence.
— C'était, reprit-il, un beau mot de la langue latine que cet arderey d'où nous avons encore le mot ardent^ qui semble indiquer à la fois chaleur et lumière, tandis que brûlant^ qui le remplace, n'exprime que la chaleur : Un fer brûlant, sa main était brûlante. Et dans ce sens, l'eau, quelque chaude qu'elle soit, ne fera jamais que brûler, tandis que les inventeurs de l'eau-de-vie, voyant qu'on pouvait l'enflammer, lui donnèrent le nom d'eau ardente^ comme les sauvages l'ont depuis appelée eau de feu. Mais le verbe d'où yieniardmi estil donc tellement perdu pour nous que nous n'en puissions retrouver les débris ? On le croirait, à lire cet article de l'A-
cadémie : « Arder, vieux mot qui n'est plus en usage, mais dont il reste quelques traœs dans cette phrase populaire d'imprécation : Le feu saint Antoine .vous arde. > Hais arder luimême n'est qu'une forme de l'infinitif, qui était triple, puisqu'on disait aussi ardre et ardoir *. Les futur et conditionnel étaient j'ardrai et yardrais. Rutebeuf fait dire au YUain Mire, ou médecin malgré lui :
Le plus malade en eslirai, Et en cet feu le méteraî ; S Tarderai en icel feu, Et tuit li autre en auront preu*.
Le participe passé était ars^ arse.
Nous femmes perdus et ors,
dit Joinyille* ; et l'on trouve dans le roman des Sept sages dôRome^y que
Tpocras eut ses livres ars.
Nos vieux historiens ne racontent-ils pas que Jeanne d'Arc la Pucelle Ait arse par les Anglais ?
Le participe présent, l'imparfait, le subjonctif, le pluriel du présent indicatif et de l'impératif étaient ardant, yardois, queyardey ardons.
Les barons vinrent ardarU et destmyant.
Il méisme ardoit ses villes *.
Hugues de Cambrai, dans la Maie-honte*.
Ià rois s'aîre, si Tesgarde :
c Vilains, dit^il, li mans feu Varde, »
L Euai sur les fables indiennes, p. 71. 3. Viettx poètes français, 1. 1, p. 32S.