Vieum poètes français, t. I, p
4. Joinville, Hist. de saint Louis, p. 49. — 5. iWd., p. 13. — 6. iWd., p. 40>66, 72, 155, &7.
— n est vrai que voilà un beau verbe, d'un beau sens et d'un beau son. Quelle cause peut l'avoir fait tomber en désuétude, si ce n'est peut-être l'homophonie avec les formes analogues des verbes faire^ agir, ferrer ^ garnir de /cr, et fé^ rer^ venu du latin Yerr«, et racine d'afférer, conférer y différer ^ préférer j etc.?
— Cette raison, me répondit-il, n'est pas suffisante. D'abord nousavons beaucoup d'homonymes bien plus parfaitsque ceux-là qui se sontcependant conservés dans deux, dans trois, quatre sens différents ; tels sont les verbes souffrir et soufrer y reeoworireXrecouvrery au présent et à l'imparfait de l'indicatif, à l'impératif et au subjonctif; ressortir y sortir pour la seconde fois, et ressortir y être du ressort de, au futur et au conditionnel, au^ prétérit et à l'optatif. Ensuite examinez ces homonymies, et vous verrez combien elles sont incomplètes. Le futur se rapproche de celui de faire^ je feraiy je ferrai ; mais il n'y a pas moyen de les confondre ; le futur de ferrer y qui s'en rapproche plus, est trisyllabe. Il est vrai que le participe présent de ces deux verbes est homophone ou à peu près, car Ve de férir est plus bref que celui de ferrer; et dans les temps qui s'en forment, tous ceux qui se terminent par un e muet prennent la diphthongue ié dans l'un, et gardent e dans l'autre : ils fièrent et ils ferrent. Il n'y a donc pas à s'arrêter pour une homophonie partielle, et il serait à désirer que nos bons écrivains employassent ce verbe dorénavant et Je remissent en honneur.
Cela serait d'autant plus convenable qu'il formait jadis, outre le substantif féris, pour signifier un battement multiple et désordonné :
Ainçoifl estoit le firis de masses et d'espées *;
le composé aférir^ frapper, toucher juste au but,. et par con-