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dans été (saison) et dans répété le son du dernier e est seul vraiment fermé; les précédents sont ouverts^ quoique marqués de l'accent aigu \ et il en est de même dans presque tous nos mots^ où nous glissons sur les premières syllabes pour appuyer sur la dernière. Comme la prononciation des voyelles ouvertes est plus légère que celle des voyelles fermées, nous ne portons en général ce son fermé que sur la finale y et cela a lieu surtout pour Yé, qui revient si souvent dans notre écriture.
Cette observation n'est pas nouvelle : elle a été faite expressément par d'Alembert à la fin d'une note sur l'éloge de d'Olivet*-, avant d'Alembert, Delaunay, auteur d'une Méthode pour apprendre à lire, imprimée en 1741, marquait de l'accent grave tous les e sonores au commencement ou dans Tintérieur des mots, èpelé, fréquent, méthode, répéter, éléments : Yé accentué de droite à gauche n'apparait chez lui qu'à la fin du mot , comme dans degré.
Enfin Dangeau, avant l'un et l'autre, avait dès 1696, et dans les premières années du xvui® siècle, écrit, selon une orthographe qui lui était propre , des Essais de grammaire où les e initiaux ou médiaux étaient accentués de gauche à droite , comme on peut le voir dans le volume publié en 1849 sur l'édition originale*.
Cela étant, il semble que l'exception dont il s'agit ici, ou cette règle particulière qui s'applique aux verbes dont la pénultième est un é marqué de l'accent aigu , p'aurait plus aucune raison d'être si nous accentuions ces e comme nous les prononçons. L'accent grave régnerait partout, devant les syllabes sonores comme devant les muettes, céder, cédant, je cède, nous cédons, etc.
Cela nous paraîtrait sans doute extraordinaire dans les
1 Note y, t. VI , p. 240, de son Hutoire des nmnhr$t d$ V Académie, 9 Librairie de L. Hachette el C<« . Prix, 1 fr. 50 c.
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premiers temps-, mais si Ton pense qu'au xvii^ siècle, et à plus forte raison auparavant, on ne marquait jamais les e sonores dans l'intérieur des mots , qu'on écrivait différent , première, manière, célèbre*, préposition, spécifier*, on comprendra qu'il y a eu beaucoup d'arbitraire dans la manière d'accentuer ces voyelles lorsque l'usage des accents est devenu commun , c'est-à-dire au commencement du xvni^ siècle; et qu'alors on s'est guidé beaucoup moins sur la prononciation réelle que sur le hasard , sur des considérations étrangères à la prononciation , ou enfin sur le caprice des ouvriers typographes. Et ainsi , l'emploi de ces accents aigus, introduits en grande partie par l'exemple de Dangeau , et postérieurs au temps où ce grammairien , célèbre par la finesse de son oreille , marquait les e intérieurs comme ouverts , ne prouve réellement pas que ces e aient jamais été fermés. On pourrait donc , sans nuire le moins du monde à l'étymologie , sans même perdre aucune trace d'une prononciation qui n'a jamais été réelle, marquer ces e pénultièmes de l'accent grave, céder, léser, etc. , et par là tous ces verbes , rentrant dans la règle générale , et se conjuguant sans aucun changement de leur radical, permettraient de supprimer la règle exceptionnelle qu'on est obligé de faire pour eux.
Les verbes où la pénultième est un e muet, comme lever, jeter, mener, peser, semer, etc., sont plus nombreux, et ont même théoriquement une bien plus grande importance que les précédents. La règle de prononciation à leur égard est absolue. L'c muet devient ouvert devant les syllabes muettes, je jette, je sème, je mine, je pèse, etc. Cette règle est fondée sur ce que nous ne pouvons pas prononcer de suite deux e réellement muets, et qu'à la fin des mots
■ Voyez la méthode de Cl. Irson, 1662, p. 1 et 2.
* Abrégé de la nouvelle méthode (de Port-Royal), 1696, p. 15 et 16.