‹ Thèses de grammaireChapitre 11 sur 63 · DE QUELQUES VERBES EN ER · texte numérisé non relu

DE QUELQUES VERBES EN ER

surtout, il faut que Tun des deux soit prononcé franchement ouvert, puisqu'il y forme la syllabe forte.

Mais, si la règle est aussi constante que certaine, en ce qui tient à la prononciation, il y a, au contraire, pour l'or* thographe de ces verbes beaucoup d'indécision. Gela tient à notre façon de marquer le son de Yê ouvert tantôt par l'accent grave, comme dans je mène, j'acAëfe; tantôt par le doublement de la consonne , comme dans Rappelle, je jetU.

De ces deux moyens , le plus rationnel est incontestablement l'accentuation de Vê, puisque c'est là la marque essentielle chez nous du son ouvert *, l'autre n'est qu'une application détournée de nos habitudes d'épellation -, il signifie si peu que Yi doit être prononcé ouvert , que bien des gens prononcent muet le premier e dans sceller j et que dans beaucoup de mots comme dessus, dessous, ressaut, ressauter, ressentir, etc. , Ye reste muet malgré la double consonne.

D'un autre côté, il est clair que l'étymologie n'est aucunement intéressée à ce que l'on conserve les lettres doubles : d'abord parce que ce ne sont pas des lettres radicales, mais des terminaisons-, ensuite parce qu'une seule consonne indique aussi bien l'étymologie que la même consonne doublée; enfin, parce que cette consonne unique à l'infinitif et devant les finales sonores appeler, appelant, nous appelons, y suffit certainement-, comment n'y suffirait-elle plus devant les e muets ? y appelé , ils appélent.

Ajoutons que l'Académie elle-même, quoiqu'elle paraisse suivre en quelques points l'étymologie latine comme dans y appelle, i'appello, la néglige fort souvent, puisqu'elle écrit peler, je pile, malgré la racine latine pellis; et que la plupart du temps les désinences dont il s'agit ici ne rappellent aucune étymologie précise , puisque cacheter se rattache aussi bien à cachet qu'à cachette, et feuilleter à feuillet qu'à feuillette.

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