DE L ORTHOGRAPHE
Ne serait-ce donc })as alors une règle excellente que celle qui nous ferait écrire tous ces verbes avec 1'^ marqué de l'accent grave devant les syllabes muettes sans jamais doubler la consonne finale : Rappelé, }ejéte, comme je pèsf^ je pèle, y achète?
Le dictionnaire de TAcadémie gagnerait à cela d'éviter des contradictions manifestes et fâcheuses , qui le déparent trop souvent. Pourquoi , par exemple, souffleter qui se raitache à soufflet fait-il je soufflette, tandis que colleter ou décolleter, qui dépend de collet, donne je décolleté? Péurquoi renouveler, qui vient de nouveau, ruisseler, qui vient de ruisseauj doublentnils Yl, il renouvelle, il ruisselle, tandis que bourreler, qui vient de bourreau, marteler, qui vient de marteau, ne la doublent pas et accentuent Vi, il bourèle, il martèle? Ces exemples prouvent bien que l'étymologie n'est pour rien dans l'orthographe de ces verbes -, qu'il n'y a qu'un caprice de l'usage qu'on ne saurait être astreint à respecter, et qu'il vaudrait bien mieux avoir cette règle générale que nous demandons, qui ne détruirait aucune habitude fondée en raison.
Un autre avantage que tout le monde y trouverait, ce serait de savoir enfin à quoi s'en tenir sur l'orthographe d'une multitude de verbes que l'Académie n'indique pas du tout, et pour lesquels il est impossible de se guider par aucune analogie, puisqu'il n'y en a pas qui soit in^ contestable.
On sera bien surpris, sans doute, si je dis qu'il y a dans le dictionnaire de l'Académie une cinquantaine de verbes en eter ou eler qu'il est impossible de conjuguer avec certitude d'après les indications qu'il donne. C'est pourtant la vérité. Les premiers de ces verbes sont aigmlleter, banqueter, bonneter, bosseler, botteler, bretleler, breveter, canne- 1er, caqueter, etc. Or, faut-il écrire je banqueté ou je ban^quelle? je bosselé ou je bosselle? je breveté ou je brevette?
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je eaquite ou je caquette? etc. L'Académie n'en dit rien du tout.
Il est bien vrai que plusieurs de ces verbes sont surtout usités à rinfinitif présent , au participe ou aux tomps composés, et que là , comme la dernière syllabe est sonore et la pénultième muette , il ne peut y avoir de doute. Mais cela ne suffit pas : il faut pouvoir conjuguer le verbe entier si l'occasion le requiert, et alors, comment ferait-on pour rendre ouvert Te pénultième? Taccentuera-t-on ? doublerat-on la consonne? Nous avons vu que l'Académie donne des exemples de l'un et de l'autre moyen dans les temps qu'elle cito. On ne peut donc rien conclure pour les verbes où elle ne cite pas de temps à terminaison muette.
En résumé, notre manière tantôt d'écrire, tantôt de prononcer, a amené dans les verbes en er quatre exceptions considérables, et qui, s'appliquant à un grand nombre de verbes, augmentent, sans motif et en pure perte, les difficultés de notre conjugaison.
Pour les verbes en cer et en ger, on ne peut rien faire de mieux que ce que l'on fait *, la règle, d'ailleurs, est si générale qu'elle n'offire aucune difficulté.
Pour les verbes en yer^ il y a aussi une règle générale qui, si elle n'est pas absolue aujourd'hui, le sera sans doute bientôt -, et alors il n'y aura plus d'embarras.
Pour les verbes où l'e pénultième est fermé , la règle est générale aussi -, seulement elle parait superflue : car, si cet e est réellement ouvert comme l'ont dit les observateurs les plus attentifs, et comme je le crois, on change, dans les temps terminés par Ve muet, un accent qui a été mis à tort à l'infinitif : il vaudrait mieux alors mettre tout de suite l'accent grave et le conserver partout, puisque le son qu'il représente subsiste toujours.
Quant aux verbes où la pénultième est muette à l'infinitif, il est évident que, s'il n'y a aucun doute sur la conjugaison
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orale » il y a sur la conjagaison écrite une difficulté insurmontable, puisque les solutions données par TAcadémie dans les exemples où elle se décide sont contradictoires. Gomme d'ailleurs, Tétymologie ni la langue ne sont intéressées en rien dans le choix de ces finales , il serait bien à souhaiter qu'on admit dorénavant un seul signe , l'accent de gauche à droite , comme la marque du son ouvert dans Vè pénultième de nos verbes.