‹ Thèses de grammaireChapitre 28 sur 63 · UNB APRÈS-MIDI CHEZ ANDRIEUX · texte numérisé non relu

UNB APRÈS-MIDI CHEZ ANDRIEUX

avons dans l'alexandrin, par ses coupes et surtout par ses rimes , des milliers de combinaisons diverses.

L'autre assertion ne se soutient pas davantage. Non-seulement il est impossible de conserver en parlant ou en lisant le rapport normal des syllabes longues ou brèves ; mais ce rapport ne nous fait par lui-même aucun plaisir. Rien ne nous est plus facile que de combiner à la façon antique des sons brefs ou d'un seul temps avec des sons de deux temps. L'oreille ne trouve rien là qui la flatte en aucune façon. C'est le retour le plus monotone et le plus maussade qu'on puisse imaginer. Bref, ce n'est pas ce rapport numérique, c'est l'accent qui, venant changer l'intensité du son, apporte seul à notre ouïe la sensation de la cadence ou du rhy thme -, et c'est précisément ce que nous supprimons des vers latins prononcés à la française.

Croyez-moi donc : Si vous voulez faire partager à quelqu'un la bonne opinion que vous avez de votre manière de prononcer les vers latins, analysez votre prononciation en elle-même \ faites-en sentir les agréments , en tant que l'oreille les perçoit et les apprécie. Laissez de côté ces considérations arithmétiques qui peuvent amuser l'esprit comme tout calcul, mais qui ne sauraient se faire entendre à l'oreille ni , par conséquent, influer sur l'harmonie '.

— J'y consens volontiers ; je trouve une mélodie trèsagréable dans les beaux vers latins; par exemple, dans le fameux distique :

Donec eris felix , mullos namerabis amicos ; Teropora si faerint uubila solus eris.

— Je l'y trouve comme vous , reprit Andrieux -, mais la

* 11 est Traîment curieux de Toir partout dans le mémoire de Mablin la preuve qu'il pensait à cet égard à très -peu de chose près comme moi , quoique sa dissertation semble avoir pour but de prouver le contraire.

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