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pour eux des adjecUfe, comme on ravaii fût à Uni pour acides , ne permit pas de mettre à l'un de ces mots une terminaison adjective. On désigna donc ces composes par des préfixes tirés du grec : proiaxyde, deMMOj/de, irUosfde, c'est-à-dire premier, second ^ troisième oxyde. Cda n'indiquait rien de plus que les terminaisons eux et ique dans les acides; du moins le préfixe tomlMût bien plus à propos sur Foxygène dont la quantité variait, que si l'on eut dit ox/de de prolofer, de deuiofer, ou^ ce qui serait la m^ne chose, Wffydê praioferriquê , oxyde deuioferrique.
Les progrès de la chimie amenèrent bientôt, et c'est li l'un des plus beaux titres de gloire de M. Berzélius, la théorie définitive des proportions. On reconnut que les quantités de l'élément électro-négatif ne variaient pas au hasard, mais selon la progression des nombres i, i 1/2, 2, 3, 4, 5, elc. Le langage suivit ce progrès. Aux préfixes grecs, qui n'indiquaient qu'un ordre souvent accidentel entre ces combinaisons, on substitua les préfixes latins ieiqui, bi, tri, quadr, quint, qui exprimaient des rapports déterminés. L'oxyde de fer se composant d'un équivalent de fer et d'un équlTalont d'oxygène, le sesquiH)xyde contint trois équivalents d'oxygène sur deux de fer; le bi-oxyde de manganèse en eut deux pour un seul du métal. C'est là , nous n'hésitons pas à l'affirmer, une nomenclature aussi nette qu'élégante; et, bien loin d'y renoncer, on aurait dû l'étendre aux acides; comme nous l'avons marqué tout à l'heure, on aurait dû dire l'oocb du 90ufre au lieu de l'acide kypotulfureux SO ; le Macide du soufire pour l'acide sulfureux SO* ; le tri-^adde du soufire pour l'acide euifurique SO^; le iout-tri-^icide du soufre pour l'acide hypœulfvrique SH)^. De même, après l'oxyde et le bi-oxyde d'azote, on aurait eu le tri-acide d'azote Az^ ; le quadradde AzHM et le quintaeide AzV, qui auraient remplacé les acides azoteux, hypo-azotique et azotique^ le nom d'acide ou d'oxyde désignant toujours la nature du
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composé, et le préfixe indiquant la quantité de Télémcnt variable.
Ce n'est pas là ce qu*on'a proposé, ni ce qu*ont adopté M. Berzélius et d'autres chimistes. Ils ont transporté aux oxydes les terminaisons adjectives et irrationnelles appliquées autrefois aux acides. Nous lisons ainsi que la lumière est sans action sur l'oxyde aureux, tandis qu'elle détruit l'oxyde aurique. L'oxyde aureux, c'est l'oxyde d'or Au*0 j l'oxyde aurique,Vcst le trioxydc Au*0^ Or, indépendamment de ce que ces mots aureux et aurique sont barbares, et que^ de plus, la variation du mot tombe, comme nous l'avons remarqué, sur l'élément qui ne varie pas, n'est-il pas évident qu'à moins d'une étude particulière antérieure, on ne peut savoir par ces expressions quelle est la proportion de l'oxygène ? Qxi'aureux et aurique, ])ar exemple, indiquent OetO^, tandis que'$ulfureux cl sulfarique représentent 0* et 0^ et nttreux et nilnque 0^ et 0,? N'est-ce pas là une confusion tout à fait râcheuse ? N'est-il pas manifeste qu'au contraire les mots oxyde ou tri-oxyde d'or, bi-acide et tri-acide de soufre, tri-acide et quint-acide d'azote, ne laisseraient aucun doute sur la composition des corps Au*0 -, Au*0^ -, SO* j SO'; Az*0'j Az^O'? Et n'est-ce pas une faute impardonnable dans celui qui écrit sur les sciences d'abandonner l'expression élégante et claire pour prendre le terme barbare et inintelligible?
Les chimistes de nos jours suivant l'exemple de M. Berzélius, étendent ce mauvais système à tous les composés où un élément électro-négatif entfe en diverses proportions. Ce que l'on nomme si clairement chlorure, sesqui-chlorvre , tn-chlorure, sulfure, bisulfure^ tri-sulfure d*un métal, ils le nomment, en maintenant invariable le nom de l'élément qui varie et faisant varier celui qui reste immobile, chlo^ rure on sulfure baseux, chlorure basique, chlorure hypobasique.
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Est-ce là tout cependant? non certes ; et ce qu'il y a de bien pis encore, ils prennent, et ils sont ojiiligés de prendre les mêmes mots dans des sens absolument différents, ce qui, dans les sciences exactes, est, sans contestation, le plus fâcheux de tous les symptômes. Si nous voulions ici remonter aux principes idéologiques de cette erreur, et en discuter l'origine grammaticale , nous montrerions que la cause en est à ce qu'on a pris des adjectifs pour représenter cequc h science nous donne comme des substances. Nous insisterions sur ce que l'objet de cette espèce de mots, dans le langage, est de représenter des qualités, et qu'il est absurde de leur donner, dans la langue spéciale d'une science , une valeur conventionnelle en opposition avec celle que toutes les langues du monde leur assignent. Mais en laissant de côlé ces vues générales , et revenant à la terminologie confuse de nos jours, je dis qu'avec les adjectifs en ique et cTï'eux on tombe forcément dans des équivoques détestables. P» exemple , ces mots chlorure cuivrique et sulfate cuivriquesh gnifient : l'un , chlorure de cuivre, et l'autre sulfate d'os^i^ de cuivre. Ainsi , voilà le même adjectif qui , résolu par des substantifs, désigne tantôt le métal, tantôt son oxyde : peut-on trouver une confusion plus déplorable?
La nomenclature chimique , quelque progrès qu'elle montre dans l'histoire de la science , ne peut donc en aucune façon résister à la critique. Soutenue par les anciennes habitudes et la difficulté qu'il y a toujours de changer un nombre de mots considérable, elle est aujourd'hui et sera peutrélre, pendant bien des années encore , l'instrument des chimistes. Toutefois ceux-ci se plaignent depuis longtemps de n avoir pas un vocabulaire en rapport avec leurs idées , ni susceptibles de les exprimer convenablement.
Est-il impossible de leur donner cet instrument qui leuî manque.: je ne le crois pas, et c'est ce que j'ai tenté oe faire dans un travail où , sans admettre aucune idée pré-
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conçue, ni partir d'aucune langue positive, je tâche de profiter des sons que nos organes peuvent produire , pour arriver à des mots conventionnels toujours parfaitement clairs, et qui expriment exactement ce que l'on sait de plus essentiel sur Thisloire des corps.
C'est ce système que je vais exposer dans la seconde partie de ce mémoire , le plus brièvement possible ; me bornant ici à cette seule remarque que c'est un langage tout conventionnel que je propose-, et que son caractère spécial, comme son immense avantage , c'est d'être variable à ce point qu'il pourra et devra suivre les progrès de la science elle-même , les noms des substances devant essentiellement varier, a mesure que des expériences plus exactes nous montreront que la quantité ou les rapporta des éléments qui y entrent ne sont pas ce que l'on avait cru d'abond.