‹ Thèses de grammaireChapitre 5 sur 63 · QUELQUES VERBES EN ER · texte numérisé non relu

QUELQUES VERBES EN ER

Un travail long et minutieux que je viens de faire sur les verbes français * m*a suggéré , relativement & leur orthographe , quelques réflexions que je crois pouvoir être utiles, et que je n'hésite pas à soumettre au public , en particulier aux membres de TÂcadémie française , chargés de la révision du dictionnaire. '

L'Académie admet un peu plus de quatre milles verbes , dont trois mille quatre cents ont l'infinitif terminé en er^ ou appartiennent, comme on le dit, à la première conjugaison. C'est de ceux-là seulement que je veux m'occuper. Ils passent pour très-réguliers , et le sont en effet, si l'on considère la suite des terminaisons verbales ,. mais un grand nombre d'entre eux éprouvent dans leur radical des changements remarquables, soumis néanmoins à des règles particulières,

* Ce morceau a été inséré dans la HfiWke de Vinstruction publique, n« du 3 mars 1853.

* 11 s^agit du Petit manuel de la conjugaison des verbes français, complément indispensable de la théorie exposée dans les éléments de Lhomond, pour lequel j*avais dû noter et eiaminer tous les verbes contenus dans le Dictionnaire de V Académie.

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qui , si l'on n'avait déterminé d'après la coutume latine le nombre de nos conjugaisons, auraient dû faire distinguer cinq classes au moins parmi nos verbes en er.

Voici ces cinq divisions : !• les verbes qui suivent aimer, c'est-à-dire qui se conjuguent sans aucun changement dans le radical , sans aucune variation dans les terminaisons : ce sont heureusement les plus nombreux *, 2* Les verbes en cer et en ger, où le c prend une cédille , et le g un 0 muet après lui devant l'a et l'o; 3* les verbes en yer, où l'y se change en t devant 1'^ muet -, 4* les verbes qui ont pour pénultième un é marqué de l'accent aigu et suivi d'une consonne, comme céder, répéter; 5" ceux qui ont pour pénultième un e muet, comme mènera jeter.

Les changements qu'éprouvent ces diflerents verbes dans leur conjugaison sont soumis à des règles susceptibles d'une ei^pression bien définie, et pourtant quelques-uns d'eux laissent, ainsi qu'on le verra, une grande incertitude sur leur orthographe , et demanderaient que l'usage éclairé par la discussion, ou plutdt l'Académie française, usant d'un droit qui lui appartient incontestablement, décidât la question sans retour.

Gomme il s'agit ici d'un changement dans nos habitudes et notre manière d'écrire, ou pourrait croire que ma proposition tend à un renversement des règles de notre orthographe, ou porte atteinte à Tétymologie. Je dois tout d'abord rassurer le lecteur. L'étymologie est pour moi la seule garantie de la pureté des langues ; je suis d'avis de maintenir jusqu'à absolue impossibilité les lettres étymologiques*, j'irais même jusqu'à les remettre dans la plupart des mots qui les ont perdues mal à propos ', bien loin de vouloir sacrifier celles qui nous restent. Mais je crois qu'à cet égard , il faut distinguer dans les mots, le radical et la terminaison. Ce

^ CiwIcMtis , p. 110, 1 19 cl suiv.

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