DE QUELQUES VEBBES EN ER
quer et gueVj il semblerait qu'il suffit d'un c et d'un g devant l'a et Yo, attaquer, aitacant, nous attacons, vogiier, vogant, nous vogans^ et point du tout : on conserve les doubles lettres qu, gu, alors même qu'elles ne sont plus nécessaires, attaquant , nous attaquons, voguant, nous voguons. Il en résulte une plus grande régularité dans la conjugaison des verbes, mais une irrégularité réelle eu égard à notre système d'orthographe , qui ne devrait pas remplacer sans nécessité les lettres simples par des lettres doubles.
Les verbes en yer donnent lieu à une remarque plus fine et qui repose sur une observation plus délicate de la bonne prononciation du français. Rappelons d'abord qu'il y a dans toutes les langues deux prononciations distinctes, la prononciation élevée y qui est celle des vers , de la scène , de la tribune ou de la chaire, et celle de la simple conversation ou du peuple. Cette dernière étant toujours fort négligée , n'étant surtout guidée par aucune règle , ne doit être considérée que comme un écart du bon langage : elle a sans doute son mérite et ses agréments , mais il ne faut la prendre ni pour un type, ni i)our un modèle; au contraire, on doit toujours tendre à la rapprocher du langage qu'on peut nommer classique , lequel a vraiment des règles , et peut , par conséquent, se maintenir dans un état régulier, tandis que le langage de la conversation s'en écartant constamment, et admettant des irrégularités nombreuses dans la prononciation et dans la syntaxe , dégénérerait promptement en un hideux jargon , s'il n'avait toujours un modèle plus pur et plus certain , dont on ne le laisse s'écarter que jusqu'à un certain point.
Par exemple , 1'^ muet après une voyelle ne se prononce pas dans la conversation : on dit la patri, la vi, hjoi, tandis que dans les vers et dans la belle éloquence, Ye muet, quand il n'est pas élidé, doit se faire entendre-, il allonge un