CHAPITRE II EXPOSÉ DES TRAVAUX ANTÉRIEURS
La «première étude faite sur les réactions d'hydrolyse conjuguée du saccharose et d’un éther-sel est celle de Victor HENRI et LARGUIER DES BANGELS (!). Ils comparent les vitesses de réactions simples du saccharose et de l'acélate de méthyle et celles de ces deux corps hydrolysés simultanément à la même concentration. Ils déterminent la vitesse d'inversion du sucre au polarimètre, la vitesse d'hydrolyse de l’éther par des dosages de l'acidité au moyen de soude N/5. Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau suivant :
Température : 290." 11, Concentration en HCI : 1/5 N.
Concentration en saccharose : 1/4 N:
Concentration en éther : 1/2 N.
En prenant la moyenne des valeurs des constantes de vitesse indiquées par ces auteurs, on trouve pour :
1° La vitesse de décomposition de l'acétate de méthyle:
HCI + acétate. K — 683.
HCI + acétate + saccharose. K = 754.
HCI + acétate + sucre interverti. K — 763.
@) V. Henri et Larquier DES BanCELs, C. R. Soc. Biol., 53-784, 1901.
Re
2 La vitesse d'inversion du saccharose :
HCI + saccharose. K = 791.
HCI + saccharose + acétate. K — 857,5.
Les auteurs donnent l'interprétation suivante de ces résultats expérimentaux :
19 L'inversion du saccharose se produit exactement avec la même vitesse en présence de l'acétate de méthyle ou en son absence ;
20 La vitesse de décomposition de l’acétate de méthyle est presque la même avec ou sans saccharose. Il semble qu'il y ait pourtant une tendance à une action plus rapide en présence de saccharose. En résumé, disent-ils, les deux réactions étudiées, se produisent avec la même vitesse, séparément et simultanément, il n’y a donc pas de partage de l'acide ; c’est une preuve nouvelle que les réactions sont purement catalytiques ; elles sont dues à des actions de milieu, et il n'y a donc pas lieu de supposer la formation de substances chimiques intermédiaires.
A la même époque, CoPPADORO (1) étudie expérimentalement l'hydrolyse conjuguée du saccharose et de l’acé-
tale de méthyle d'une façon plus approfondie. Il se
demande également si « quelle que soit l'hypothèse admise sur le mécanisme interne de la réaction, on ne peut y introduire l'idée d’une sorte de préférence de l'acide sur la substance catalysée ». Pour cela, il compare les vitesses de réaction effectuées séparément ou simultanément. Il considère, dans chacun des cas, les vitesses de réaction Comme monomoléculaires ; elles sont calculées avec la formule habituelle. Les tableaux suivants résu-
ment ce travail : (les constantes sont multipliées par : 107)
() Corpanoro, Gasetta Chimiea Italiana, 31, 1, 425, 1901.