‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 14 sur 81 · VARIATIONS GÉNÉRALES DES CHAMPIGNONS ÉTUDIÉS · texte numérisé non relu

VARIATIONS GÉNÉRALES DES CHAMPIGNONS ÉTUDIÉS

Les champignons inférieurs subissent dans les milieux chimiques de nombreuses modifications (1) qui seront étudiées avec soin pour quelques espèces dans la partie spéciale. On doit se borner ici à une vue d'ensemble sur les causes de la variation et les modifications générales que subissent soit la plante entière (gélification, cutinisation, etc.), soit l'appareil végétatif, soit enfin l'appareil reproducteur.

a. — Gauses de variation. — Les modifications tiennent ici à plusieurs causes :

A. — Immersion dans un liquide et par conséquent : 1° Action de l’eau; (o] ? es 2° Manque d'oxygène.

(4) L'influence des milieux, du substratum sur la plupart des caractères de certains champignons, a été souvent mise en évidence : récemment encore M. Ray, en étudiant à ce point de vue, sur des milieux nutritifs, le Sterigmatocystis qu’il décrit sous le nom de bicolor, a montré que les caractères dont se servent les mycologues peuvent disparaître tous : dimensions, coloration, forme, etc., etc. Les spores sont restées identiques. (J. Ray, Variations des Champignons inférieurs sous l'influence du milieu(Rev. gén. de bot., 1897). — De son côté, M. Wasserzug avait obtenu sur un Fusoma des modifications complètes, même sur les spores (taille, forme, : nombre des cellules, etc.). (Wasserzug, Recherches morphologiques et physiologiques sur un Hyphomycèle (Ann. de l’Inst. Pasteur, 1888.)

B. — Action générale des éléments dissous qui peuvent êLre. :

1° Nutritifs ; 2° Toxiques ; 3° Insuffisants pour maintenir la vie:

4° Neutres, acides ou basiques. C. — Actions physiques diverses :

1° Éclairage :

2° Température ; 3° Agitation (1), etc.

Immersion. — Une seule de ces diverses causes suffirait à expliquer les changements morphologiques. Ainsi il existe des champignons aérobies et anaérobies et l'on sait que, déjà chez les levûüres, la privation d'oxygène amène des changements profonds. Des formes mycéliennes bizarres, des modifications dans la position ou l'aspect des conidies se produisent dans ces conditions. Mais la part d'influence de chaque cause est souvent difficile à délimiter. La végétation en filaments moniliformes par exemple, parfois attribuée à l’immersion, s’est produite dans certains liquides seulement, en sorte qu'il est peut-être difficile d'admettre, comme on l’a fait, une forme aquicole pour chaque espèce, el moins encore une forme aguicole générale pour les champignons d’un même groupe. La vraie forme aquicole est celle que prendrait le champignon dans l’eau pure bien aérée. Dans les solutions, l'action du milieu s'ajoute toujours plus ou moins à celle de l'immersion et de la privation d'oxygène. On peut cependant faire une distinction à cet égard, en comparant dans un même tube de culture les parties ##mergées dans le liquide (flocons ou dépôt), et les parties émergées, s'étalant à la surface ou s’élevant le long des parois. Les deux subissent l’action de la substance dissoute, les premières sont soumises en plus à l'influence de l’immersion et de la vie sans air. Il est fréquent que des différences se

(1) J. Ray, loc. cit.

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