I. — ORIGINE DE LA CULTURE
Cette espèce est une des plus intéressantes. Elle appartient sans doute au cycle évolutif de quelque Sphériacée, et n’est pas sans analogie par quelques-unes de ses formes avec les pycnides décrites par Bauke (1) chez le Cucurbitaria elongata. Mais elle en diffère par bien des points, et comme jusqu'ici je n’ai pu obtenir de périthèces, je la désigne sous le nom d'Alfernaria polymorpha qui indique son extrême variabilité.
L'espèce doit être assez répandue dans la nature, car je l’ai rencontrée plusieurs fois : dans les liquides qui l'ont fournie (2) on ne trouve guère comme pouvant lui être rapportés, au milieu de végétations variées, que des fragments appartenant au mycélium de résistance étudié plus loin (3). Mais sur la pomme de terre qui sert au semis,
(1) Bauke, Beiträge zur Kenntniss der Pycniden (Nov. act. cæs. Leop. Carol. deutsch. Akad. der Naturf. Halle 38, n° 5).
(2) Eau distillée de tilleul prise à l'hôpital Laennec ; bromure de potassinm d’un laboratoire de l'École supérieure de Pharmacie de Paris ; azotite de potassium du même laboratoire.
(3) J'ai eu quelque peine à obtenir cette espèce pure ; d'abord mélangée à du Penicillium glaucum, elle entraînait toujours avec elle quelques spores de ce champignon, encombrant entre tous. Mais cela m'a permis d'autre part d'observer quelques faits de concurrence vitale que des expériences faciles à réaliser ont mis plus nettement en lumière. Dans les cultures de Penicillium, j'avais vu souvent ce champignon prendre un aspect tout spécial ;
la première forme développée est une sorte de levure, d’abord rose dans l'ensemble, puis noire et d'aspect fumagoïde qui sert de point de départ à toutes les cultures.