IV. — CULTURE SUR LE MILIEU-TYPE
En semant sur pomme de terre acide un fragment de la moisissure primitive, on voit dès le deuxième jour {au milieu d’autres champignons), des taches roses d'aspect bactérien : c’est là une forme-levure, végétant en levure, mais pouvant donner un mycélium.
Ces taches s'étendent, deviennent granuleuses, chagrinées, humides : le bord de la culture change bientôt de couleur: jaunâtre, fauve, ou un peu verdâtre, puis peu à peu plus foncé ou même noir ; les granulations qu'il offre s'étendent sur la paroi du tube. Au microscope, toutes ces ponctuations se montrent comme des pycnides dont la couleur est successivement blanche, rosée, jaune, puis brune. Des stylospores abondantes sont dès lors mêlées aux formeslevures. La teinte noire qui gagne peu à peu en surface est due à la cutinisation tardive des stylospores ou des levures elles-mêmes.
Bientôt la culture tout entière tend à devenir d’un noir verdâtre sur divers points: cette teinte est due à la formation d’un »ycélium cutlinisé durable dont les formes inférieures sont de simples cellules peu modifiées et les formes supérieures des spores en massif de Macrosnorium ou d'A/ternaria.
En même temps, ou peu après (1), la surface de la culture
(4) Il est à remarquer que sur les premières cultures, faites il y a environ un an et demi, j'obtenais toujours les granulations roses dès le début et longtemps seules. La coloration verdâtre ou noire arrivait ensuite, et enfin, beaucoup plus tard, et non toujours, se montraient les parties de mycélium tomenteux gris, vert ou noir. Actuellement le tomentum se déve-
se recouvre d’un tomentum gris blanc ou verdâtre, sous lequel on retrouve longtemps la teinte rouge ou brunâtre primitive. Ce tomentum est un mycélium stérile abondant, incolore ou faiblement coloré, et présentant quelquefois des formes assez variées.
Au bout de quelques jours l’ensemble est noir verdâtre, avec des parties rosées, à la fois granuleux et tomenteux. On y trouve alors réunies toutes les formes énumérées. PER Mig3):
Au-dessus de l’eau, s'étale, souvent dès le début, une membrane, rosée à la surface, blanche dans les régions immergées, formant bientôt un voile épais et adhérent, et conservant très longtemps ces caractères : c'est là un mycélium avec des pycnides à divers états.
On peut donc trouver ici des pycnides :
1° Dans toute la surface rose, sous les levures ;
2° Au bord des cultures (points jaunes, bruns ou noirs);
3° Sur le tube même, surtout dans la partie étranglée (réseau mycélien visible à la loupe entre ces pycnides) ;
4° Sur le voile mycélien du liquide.
Enfin, plus tard, si la dessiccation arrive, le substratum se racornit peu à peu, sans que se montre aucun corps nouveau.
Quelle que soit l’origine du semis, le type reste le même sauf quelques variations de détail (rapidité ou abondance du développement, etc.).
Dans la culture sur pomme de terre acide, on trouve donc
au bout de quelque temps des formes nombreuses et très diverses pour une seule espèce. C’est un cas très général ;
loppe presque toujours simultanément ou peu après, sans que la raison m'en paraisse évidente.
Du reste, divers observateurs (Brefeld, etc.) ont noté fréquemment que des champignons végétant parfois en levures, atténuent par des généralions successives cette production de levures, et la remplacent par une végétation mycélienne de plus en plus nette. C’est ainsi que les premières générations de certains Ustilago peuvent seules infecter les Graminées par leurs formes-levures, les suivantes en étant incapables.
toutes les espèces cultivées sur ce milieu ont montré un remarquable polymorphisme.
On peut suivre ces divers éléments et démontrer qu'ils appartiennent bien à la même espèce.
En semant une quelconque des formes énumérées (mycélium stérile, forme-levure, stylospores, mycélium durable, Alternaria, Fumago, etc.), on obtient toujours sur pomme de terre acide, la levure rose tout d’abord, quelles que soient les précautions prises pour ne semer jamais qu'un des éléments.
La levure rose est seule au début, puis toujours suivie de l'apparition des pycnides. On passe donc de l'une à l’autre et réciproquement. |
Il en est de même pour les taches noires qui, semées, reproduisent les végétalions rosées : celles-ci noircissent ensuite ; la levure rose épaissit sa membrane et la cutinise par une sorte d’enkystement, précédé parfois de la production d’un court filament. Tous les passages sont visibles.
Enfin tous les doutes peuvent être levés par les cultures en cellule qui permettent de suivre le développement des diverses parties.