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PYCNIDES

Les pycnides ont manqué souvent (1). D'autres fois, elles ont été les seuls organes reproducteurs (2).

Elles se prêtent mal à une description générale, à cause de leur variabilité même :

Elles diffèrent en effet :

1° Par la dimension. — 11 y a là d'abord une question d'âge, Mais si, dans une même préparation, on compare les pycnides de même coloration, noirâtre par exemple, on voit que les dimensions varient depuis 20 & sur 30 jusqu'à 250 y sur 350 et même plus, avec tous les termes entre ces extrêmes. [Il est donc tout à fait impossible de séparer des espèces par ce caractère. Dans la plupart des milieux il en est de même.

2° Par la forme.— Souvent arrondies, presque sphériques, ordinairement un peu oblongues, parfois assez irrégulières, surtout lorsqu'elles sont en séries ou dans les termes de passages entre elles et les spores en massifs. Il ne semble pas que le milieu ait une grande action sur cette forme qui varie souvent dans la même préparation.

3° Par la déhiscence. — La présence ou l'absence d’un

(1) Mannite, eau glycérinée, série des acides, phosphate acide desodium, iodure de sodium, liqueur de Fowler, alun, créosote, cocaïne, et tous les . milieux à végétation stérile.

(2) Gélose, moût gélatiné, bouillon, liquide de Raulin.

goulot coloré ou non, paraît en général chose importante dans l'étude des pycnides. lei l’orifice unique (ordinairement) ou double, s'établit fréquemment sans aucune saillie ; d’autres fois, le col est des plus nets : on en trouve parfois deux, Jamais trois.

Les orifices peuvent d'ailleurs être très apparents sans qu'il y ait de col. Celui-ci peut être représenté aussi par quelques cellules transparentes et dressées, mais très délicates et sans consistance, ou bien il existe une petite couronne beaucoup plus nette, légèrement teintée si la pycnide est incolore, plus foncée si elle est colorée. Dans les cultures sur les eaux distillées, les pycnides sont en général très pâles, quelquefois tout à fait blanches, et les orifices ordinairement bien visibles.

D’autres fois, aucune saillie, mais les cellules sont arrangées en cercle autour d'un point où se fera l'ouverture pycnidaire. Une légère coloration jaune peut aussi entourer ces points sur des pycnides blanches. Enfin, laspect est souvent tout à fait uniforme et rien n'indique le point de la future déhiscence.

4° Par la couleur. — Très variable suivant l’âge et le milieu. Chez certaines pycnides, qui paraissent. d’ailleurs ne pas s'ouvrir et rester à l’état d’un massif cellulaire à développement arrêté, les cellules sont incolores sur le trajet d’un filament immergé, les parois cellulaires sont minces et les cellules elles-mêmes nombreuses et petites. Émergées, elles subissent une cutinisation tantôt rapide, tantôt, et ordinairement, plus lente, et passent par diverses teintes : jaune clair, jaune brun, brun cannelle, brun foncé, noirâtre (1).

(4) Si la cutinisation des filaments se fait dans des milieux où elle n’a pas lieu d'ordinaire, c'est au contact des éléments reproducteurs. Dans ce cas les pycnides et surtout Les formes nettes du mycélium durable (Macrospopium ou Alternaria) sont portées sur des ramifications mycéliennes toujours cutinisées, mais qui, souvent, perdent leur cutine à une certaine distance de la pycnide ou de la spore. Le pédoncule des pycnides, lorsqu'il est visible, est toujours plus cutinisé qu’elles-mêmes. Enfin, il est très fréquent que les formes diverses de mycélium durable soient plus abondantes, plus ser-

rées autour des pycnides.

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Cette coloration peut être uniforme : souvent, elle est accentuée suivant un cercle ou deux, au centre desquels se fera l'ouverture de la pycnide, ou sur le col pycnidaire, s'il existe, ce qui est loin d'être la règle. La cutinisation complète se voit sur les vieilles cultures (pomme de terre) où les pycnides deviennent à la fin d’un noir foncé et tout à fait opaques (PI. I, fig. 3 et 11).

5° Par le nombre. — Sur la culture type, elles sont innombrables et se multiplient à l'infini dès le début. Leur formation semble s'arrêter au moment où commence à s'établir le mycélium durable sous ses diverses formes. Dans les cultures en liquides chimiques l'abondance varie beaucoup : on a vu qu'elles faisaient parfois complètement défaut, même lorsque la végétation générale était vigoureuse (créosote, alun, etc.). Chez d'autres, on en trouve çà et là quelquesunes (arséniate de sodium). Chez d’autres enfin elles abondent et constituent la forme la plus ordinaire de reproduction (liquide de Raulin). Le nombre n’est d’ailleurs pas en rapport avec la coloration ; elles sont souvent très abondantes et à peu près incolores (bouillon, eau distillée de mélisse).

6° Par la structure. — Sans parler des formes de passage, si curieuses, entre les pycnides et les spores en massif (PL. I, fig. 2), on peut constater que certaines pycnides sont constituées par des cellules assez grosses et à parois relativement épaisses. D’autres, au contraire, surtout parmi les moins colorées, sont formées de cellules beaucoup plus petites, à parois délicates et fines.

I ne s’agit pas, bien entendu, de deux sortes de pycnides, mais de différences que les intermédiaires effacent; pour ce caractère comme pour les autres, on peut observer tous les passages. Seulement, le milieu joue un rôle important, car les pycnides des deux ordres ne se trouvent guère dans le même liquide, et les passages se rencontrent dans des milieux différents. L’immersion et l’émersion sont aussi de grande importance, non seulement pour l'aspect, mais aussi pour le mode de formation des pycnides.

T° Pur la netteté du contour. — Va plupart des pycnides, surtout celles qui remplacent un ou plusieurs articles de mycélium durable, sont nettement limitées. D'autres, à cellules plus petites, peu colorées d’ordinaire,sont beaucoup moins bien indiquées et leur circonférence extérieure s’estompe. Chez d’autres enfin, le contour s’efface peu à peu, la paroi semble se dissocier sous forme de granulations, et l'on trouve dans la préparation des groupes de stylospores en paquets plus ou moins colorés, mais peu nets, dépourvus de paroi pycnidaire commune.

8° Par l’origine. — Les unes naissent directement aux dépens de la forme-levure ou de la stylospore semée, les autres se développent sur le trajet des filaments. Les deux types existent d’ailleurs dans la même préparation.

9° Par le développement — Les unes sont simplement formées par un massif cellulaire provenant de la division d’une cellule primitive, les autres donnent naissance à des filaments en nombre variable qui les entourent plus ou moins.

10° Par le groupement. — Ordinairement chaque pyenide est indépendante et isolée. On a vu cependant qu’il pouvait se former des séries de pycnides, soit par transformation des rameaux rayonnants autour de la pycnide centrale, soit par renflements successifs sur un même rameau. Mais les rapports peuvent être plus intimes encore. Dans les membranes du fond des tubes de pomme de terre, les pycnides s'unissent parfois en groupes ; 3, #, 5 pycnides forment ainsi une masse assez mal limitée d’ailleurs, dans laquelle des cercles cellulaires indiquent chacune des pycnides, et où une enveloppe commune entoure le tout. Peut-être ces groupes se forment-ils ici par accolement et fusion de pycnides primitivement en séries (ainsi qu'on l’a vu pour leur . formation), puis arrivant au contact et s’entourant d'une zone commune de cellules. Il ne semble pas que ce soient là les pyenides composées de Bauke (1). Mais celles-ci ne paraissent

(1) Bauke, loc. cit.

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pas avoir une entité bien réelle, car elles ne se forment que dans certaines conditions, et sont simples dans la nature. Cette distinction des pycnides en simples et composées laisse done beaucoup à désirer.

11° Par la fertilité. — Certaines formes de pycnides paraissent demeurer stériles. D'abord celles qui se développent dans l'eau de pomme de terre (membranes immergées) restent blanches, irrégulières, sont formées aux dépens de la levure initiale ou du mycélium qui en part, et ne s'ouvrent pas; mais,même à la surface, dans certainsliquides (glycérophosphate disodique), il se forme des sphères régulières, pluricellulaires, nettement limitées, à cellules polyédriques, qui se cutinisent fortement sans s'ouvrir, gardant à part cela tous les caractères des pycnides. Dans le sulfate de magnésium, il en est de même, mais la cutinisation est faible et les pycnides, nettement développées par division d’une forme-leyure, restent à l’état de massif cellulaire légèrement jaunâtre.

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