‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 36 sur 81 · PYCNIDES ET MYCÉLIUM · texte numérisé non relu

PYCNIDES ET MYCÉLIUM

Il faut maintenant établir l’homologie très réelle entre les pycnides et les diverses formes du mycélium durable. Cette homologie, surtout pour les mycéliums immergés où les passages sont extrêmement nombreux, est très nette et repose sur les faits suivants :

1° 11 ya complète identité de situation sur le trajet des filaments mycéliens. Un groupe de cellules, on l’a vu, se différencie pour former une spore en massif, ou une pycnide, tantôt à l'extrémité, tantôt latéralement, tantôt et plus sou-

vent en un point quelconque de la longueur du filament ;

9° Au début tout au moins de la formation, et surtout pour les pycnides immergées, le mode de développement est le même ; cellule unique donnant par cloisonnement un massif cellulaire. Il est vrai que chez la pyenide la division continue, les membranes cellulaires restent plus fines, le tissu de la paroi plus nettement organisé; mais c'est là le développement ultérieur ;

3° La modification de la membrane cellulaire est la même : la cutinisation se produit dans les deux cas; elle est seulement d’une extrême rapidité dans les cellules des spores en massif, ordinairement très lente chez les pycnides qui ne brunissent qu’au bout de quelque temps. La production de mucilage rapproche encore ces deux modes de fructification ;

4° Surtout on peut constater entre une spore en massif et une pycnide différenciée, absolument tous les passages.

(PL. I, fig. 2.) Dans une file d’A/fernaria, par exemple, on voit une pycnide remplaçant l’une des spores en massif ; telle pycnide allongée présente à ses deux extrémités où à l’une d'elles quelques cellules fortement cutinisées : c'est une spore de Macrosporium dont la partie centrale s’est renflée en pycnide ; la cutinisation peut s’affaiblir chez quelques spores,

Fig. 19. — Culture ancienne sur pomme de terre, Passage des pycnides au mycélium durable.

augmenter chez quelques pycnides, et, dans certaines préparations, la distinction devient difficile (fig. 19). Plus tard, si le développement de la pyenide s'achève (ce qui n'est pas loujours le cas, semble-t-il), la paroi multiplie ses cellules et en diminue les dimensions, les stérigmates, les stylospores se forment, l'ouverture de la pycnide s'effectue et les deux organes diffèrent de plus en plus.

On peut, en somme, passer par des transitions insen-

sibles de la cellule mycélienne la plus simple à la pycenide la plus compliquée (1).

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