MÉTHODE GÉNÉRALE
Le but poursuivi a été de pousser au maximum la variabilité naturelle de certaines espèces, et de chercher si des formes en apparence très analogues ne proviendraient pas d'espèces différentes, tandis qu'une même plante prendrait les aspects les plus variés.
6 LOUIS PLANCHON.
Une première série d'opérations, et nonla moins longue, a consisté à séparer, par des procédés analogues à ceux de la bactériologie, les divers organismes vivant dans des solutions déterminées, et à les obtenir à l’état de culture pure sur un milieu donné, toujours le même.
Puis, parmi ces espèces, une vingtaine, appartenant à des groupes divers de moisissures, les unes très communes, d'autres plus rares, ont été choisies et semées dans une première série de milieux : leurs modifications extérieures et microscopiques ont été notées au bout de quelques jours, puis au bout d’un temps assez long (six à huit mois).
Enfin, l'étude plus approfondie encore etl’ensemencement dans une nouvelle série de milieux ont été faits sur quatre espèces, plus aptes que les autres à varier dans les conditions ci-dessus indiquées, et appartenant au même groupe de champignons. J'ai pu dès lors, sur ce nombre restreint, étudier de plus près les questions de dose, de concentration, faire agir des milieux nouveaux, contrôler et développer par ces recherches spécialisées les résultats acquis déjà par l'étude générale des vingt espèces primitivement choisies.
Il fallait aussi, et surtout, établir un contrôle rigoureusement scientifique et inattaquable : les formes obtenues étant très diverses, 1l importait de s’assurer toujours, pour chaque tube en expérience, que la forme qu'il contenait appartenait bien au champignon primitif. Pour cela j'ai choisi dès le début un milieu, toujours le même, préparé dans des conditions toujours identiques et servant à toutes les manipulations destinées à obtenir des cultures pures. Le mode de végétation spécial à ce milieu, noté avec soin pour chaque espèce, sert dès lors de type.
Avec cette culture se fait l'ensemencement sur les milieux. Puis, on sème sur le même nilieu-type un fragment de la moisissure obtenue et la culture ne doit être considérée comme pure, la forme observée ne doit être décrite comme une forme authentique du champignon que lorsque cette
INFLUENCE DES MILIEUX SUR LES DÉMATIÉES. r(
culture-contrôle s'est montrée identique à la culture-type. Le cercle évolutif étant ainsi fermé par le retour au point de départ, il semble que l’on puisse sans crainte se montrer affirmatif.
Une exception à cette règle peut cependant se présenter. Parfois, en effet, les milieux modifient assez la vitalité du champignon, pour que celui-ci, après avoir subi leur action, ne donne plus sur le milieu-type la culture-type, mais une culture différente (abondance ou absence de fructification, etc.). Dans ce cas, il convient de faire plusieurs cultures successives : l’on revient peu à peu au point de départ (1).
Telle est la méthode générale de travail adoptée. Mais, avant d’en indiquer les résultats, il est nécessaire de donner quelques détails sur la technique emplovée, en suivant une à une les opérations résumées ci-dessus.