‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 58 sur 81 · HORMODENDRON ET PENICILLIUM · texte numérisé non relu

HORMODENDRON ET PENICILLIUM

Dans ses recherches sur le Penicillium glaucum, M. Guéguen décrit un Hormodendron qu'il a trouvé très fréquemment associé au Penicillium pour former les Aygrocrocis. Ces Hormodendron, dit l’auteur dans ses conclusions « ne sont peut-être que des états évolutifs du Penicillium glaucum. Nous n'avons pu, il est vrai, observer d’une manière constante et irréfutable la continuité de ces deux organismes ; mais nous avons obtenu des formes de passage de l’un à l’autre. Notre insuccès n’étonnera point ceux qui savent combien sont capricieux ces organismes inférieurs d'un polymorphisme si déconcertant ».

Je pense que M. Guéguen a obtenu et cultivé l’Aormodendron cladosporioides, si commun dans les solutés, et qui se développe constamment côte à côte avec le Penicllium, quand on ensemence sur milieu solide les végétations des flacons de laboratoire. J'ai cultivé aussi de nombreux Penicillium, dans les milieux les plus divers, et je n’ai jamais obtenu de forme hormodendroïde. Inversement, le C/adosporium herbarum, ni sa forme Hormodendron, ne m'ont jamais offert de Penicillium. Les descriptions que M. Guéguen donne de son Æormodendron dans divers milieux où j'ai moi-même cultivé le C/adosporium, et certaines de ses figures, se rapportent bien à l'Hormodendron cladosporioides. La culture en cellule que l’auteur représente est identique à celles que j'ai obtenues dans les mêmes conditions, en cultivant le Cladosporium herbarum, et les formes intermédiaires dessinées ne me paraissent pas convaincantes; ce sont des ramifications, peut-être un peu anormales, de Cladosporium ou d’Hormodendron à développement conidien centrifuge, qui seraient réellement intéressantes et probantes si l’auteur les avait obtenues en partant du Penicillium, mais qui sont assez normales, étant donné qu'il a semé l'Hormodendron. La ramification à trois branches verticillées

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de l'une des figures est le seul point qui rappelle le Penicillium ; mais c’est une disposition que l’on rencontre parfois, quoique exceptionnellement, chez l'Hormodendron.

J'ajouterai que la technique générale exposée par M. Guéguen, au début de son mémoire, ne le met pas à l'abri de la culture simultanée des deux espèces; les semis étaient faits suivant les règles et sur des milieux stérilisés, mais c'étaient des semis directs, provenant du flacon d'origine, et par conséquent l’on pouvait fort bien semer ensemble les filaments ou les conidies des deux espèces ; cela suffit à expliquer qu'on les ait obtenues simultanément ou successivement sur les cultures. La séparation est souvent fort longue, sinon difficile, et j'ai dù parfois faire jusqu’à huit ou dixeultures successives pour débarrasser tout à fait le C/adosporium des spores de Penicillium : l'inverse était beaucoup plus facile.

En résumé, l’hypothèse de M. Guéguen, sur laquelle, je m'empresse de le reconnaître, il fait toutes ses réserves, ne saurait être acceptée.

Il résulte de ses expériences que le Penicillium glaucum et le Cladosporium herbarum sont les deux plus fréquentes parmi les moisissures que l’on confond sous le nom d’Hygrocrocis.

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