SÉPARATION DES ESPÈCES
a. — Milieu-type. — Le moyen le plus pratique pour obtenir des cultures pures a été l'emploi de la pomme de terre acide comme substratum. Cette pomme de terre sera aussi le milieu-type auquel il faudra revenir pour contrôler l'exactitude des observations.
(1) Il faut noter aussi que certains liquides, en apparence limpides, contiennent des spores incapables de germer en ce milieu, mais vivantes et qui, transportées sur un substratum nutritif, se développent rapidement. On retrouvera ce fait à propos des cultures en milieux stérilisés.
(2) De menthe, de tilleul, de mélisse, de cannelle, de fleurs d'oranger. de niaouli, de spilanthes fusca. de valériane, de roses.
(3) Citrique, tartrique, borique, glycérophosphorique, gallique, cafétannique.
(4) Bromure, azotite, oxalate neutre, ferrocyanure, sulfate, liqueur de Fowler.
(5) Bromure, iodure, chlorure, hyposulfite, arséniate, carbonate, acétate, tartrate, glycérophosphate, phosphate acide, liqueur de Pearson.
(6) Chlorure d'ammonium, molybdate d'ammonium, tartrate, sulfate de magnésium, chromate de strontium, glycérophosphate, lactophosphate, biphosphate de calcium, sulfate d'aluminium, chlorure de baryum, etc.
(7) Alun, sulfate d'ammoniaque et de fer, tartrate de sodium et sulfate de plomb, glycérine avec sulfate de baryum, chlorhydrate de cocaïne et acide borique, sirop de morphine avec acétate d’ammoniaque.
Mrs glycérinée, glucose, sucre interverti, mannite, dextrine, gomme
(9) Gaïacol, créosole.
Evidemment la constitution chimique d’un pareil milieu n'est pas fixe (saison, grosseur, variété). Mais il faut un milieu solide; or les milieux solides ont une constitution presque toujours variable, et ceux que l’on emploie d'ordinaire en bactériologie (gélatine, gélose, etc.), sont ici moins bons comme substratum, surtout si la culture doit se prolonger.
La pomme de terre offre plusieurs avantages :
La préparation et la stérilisation en sont faciles.
Elle constitue un bon milieu nutritif qui plait à presque toutes les espèces. |
Elle permet la séparation facile des colonies ou des mycéliums qui se distinguent bien sur sa couleur et s’enlèvent facilement grâce à sa consistance.
Elle donne au fond du tube où elle à été stérilisée un liquide, nutritif aussi, et où l'espèce étudiée, prend des caractères particuliers.
Elle se conserve assez longtemps sans se dessécher si on a soin de capuchonner le tube.
b.— Préparation du milieu-type.— Les pommes de terre coupées sont immergées pendant vingt minutes (ou une demi-heure au plus) dans de l’eau distillée acidulée avec 1 p. 100 d'acide sulfurique (1).
La préparation ultérieure et l’ensemencement se font comme pour les cultures bactériologiques (2). Le semis devra être fait en plusieurs tubes et avec des parties diverses de la végétation (surtout si elles diffèrent d'aspect, de couleur,
(1) Une proportion plus forte d'acide ou une immersion trop prolongée altèrent la pomme de terre, et les champignons se développent mal. Dans les conditions indiquées, au contraire, la végétation se fait très bien et l'acidité du milieu entrave ou empêche le développement des bactéries qui abondent dans tous les liquides essayés et envahissent rapidement les pommes de terre préparées par la méthode ordinaire, s'opposant au développement du champignon ou le modifiant profondément dans son aspect et même dans ses caraclères intimes. Le procédé n’est d’ailleurs pas nouveau.
(2) Les cultures en boîtes de Pétri, peuvent être utiles, mais sont moins pratiques dans le cas particulier.
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de situation, etc.). Conserver toujours un peu de la moisissure primitive.
c.— Purification des cultures. — Le semis se développe plus ou moins vite : vingt-quatre heures suffisent souvent; parfois un temps beaucoup plus long est nécessaire. Les bactéries sont très rares grâce à l’acidité de la pomme de terre. Quant aux algues que l’on dit fréquentes dans les solutions, le mode de culture semble les éliminer complètement.
Les différences dans la rapidité de développement des champignons obligent à ne pas abandonner trop vite les cultures primitives. Dès qu'une végétation apparaît, on la transporte dans un autre tube identique. Il faut ordinairement de nombreux semis pour l’obtenir vraiment pure, et, sur ce point très important, on doit se méfier beaucoup des apparences. Une culture peut paraître pure parce qu'une espèce a pris rapidement l’avance sur les autres, mais plus tard, souvent plusieurs jours après, d’autres champignons ou même certaines bactéries (dont la multiplication n’a été que retardée par l'acide) se montrent çà et là, ou restent plus ou moins dissimulés sous la végétation et sont transportés avec elle dans tous les semis. Très souvent les cultures primitives conservées donnent au bout de quelque temps des espèces Jusqu'à ce moment invisibles.
La liste des organismes provenant ainsi d’une même solution peut être assez longue : 7 ou 8 quelquefois; c’est cependant l'exception. Une cause d'erreur assez fréquente est le développement sur la même pomme de terre de plusieurs formes d'une même espèce : la continuité des éléments, mise surtout en lumière par les cultures en cellule, permet d'établir l'identité.
On conservera donc pendant quelque temps la culture primitive sous peine de ne voir qu'une partie des plantes contenues dans la solution.
Cette séparation des espèces est très longue et très minulieuse, mais absolument essentielle, car la pureté de la culture estla base même de tout le travail.
Dès qu’une espèce paraît bien pure, on note avec soin les caractères qu'elle à sur ce milieu-type, auquel on devra revenir plus tard.