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dans les cultures sur gélatine. On peut suivre au microscope cette séparation.
Le temps que met une forme-levure en milieu nutrituf et à la température de 20 à 25° pour apparaître, se former et se détacher, est d'environ une heure (1).
Dans les filaments à développement rapide, les conidies forment des groupes le long des filaments, ou se couchent parallèlement à leur direction. Comme elles sont à leur tour le point de départ d’une multiplication en progression géométrique, il se forme des amas sphériques et allongés, transformant l’ensemble du filament en une sorte de chapelet (culture sur gélatine en cellule) (fig. 50, p. 181). Dans les liquides ordinaires, elles se répandent partout.
La formation sur le mycélium est si rapide que, contrairement à ce que l’on a dit, les levures ont toutes à peu près les mêmes dimensions, tant à la pointe du filament que sur son trajet. Au moment où elles se détachent, elles ont environ 6 à 8 sur 3 ou #. Puis elles se gonflent souvent et deviennent plus ou moins arrondies, quand elles vont germer en levures ou si elles commencent à se colorer.
Bientôt en effet, surtout s’il se produit un commencement de dessiccation, les levures ou les premières cellules des filaments tendent à se cutiniser.
Le phénomène débute fréquemment par une augmentalion de volume et par un léger étranglement de la cellule en son milieu; la teinte devient grisâtre, très pâle, puis de plus en plus foncé, un peu verdâtre. La dessiccation relative diminue aussi la végétation en levure, et multiplie la forme filamenteuse grêle. A la fin même, les branches les plus fines deviennent souvent irrégulières et portent des formes-levures mal venues, plus petites et plus arrondies.
Si le liquide reste abondant, les filaments ont, au contraire, une tendance à se dissocier. Au bout de quelques jours, les cellules assez lâchement unies se sé-
(4) C'est le résultat exact auquel est arrivé Berlese de son côté.
parent et continuent d’ailleurs à bourgeonner latéralement, réalisant ainsi la forme de Dematium unicellulaire indiquée ci-dessus comme primitive. Les articles et les levures restent plus gros, plus vigoureux : leur double contour se détache nettement, et des granulations protoplasmiques abondantes s’y montrent dès le début.
Sur le tissu émergé de la pomme de terre, les phénomènes sont analogues. Mais certaines formes-levures cessent de bourgeonner au bout de quelques Jours, grossissent démesurément, d’abord en conservant leur forme, puis en tendant à devenir sphéri- pig. 48.— Culture sur pomme de ques, et constituent des sortes de Lu CC LUE kystes granuleux, volumineux, qui restent longtemps incolores (fig. 48). Puis la cutinisation se produit, et la pomme de terre noircit. Enfin, la végétation filamenteuse à cellules renflées et diversement cutinisées recouvre complètement la pomme de terre, toujours mêlée d’ailleurs aux diverses formes précédentes. C’est la végétation sur mwlieu-type que je décrirai plus loin.
Lorsque la cellule à l'étude est conservée hors de la chambre humide et subit, par conséquent, un commencement de dessiccation, les phénomènes changent. La cutinisation des membranes tend à se faire beaucoup plus rapidement, et au lieu de continuer à végéter en levure, ou en Dematium pullulans, les cellules, cutinisées ou non, germent en filaments fins : l'aspect de cette germination est tout différent. Lorsque la cellule pousse en levure, le bourgeon qu’elle forme est renflé, arrondi dès le début comme une petite sphère, ou un petit corps ovalaire, appliqué par un point sur la cellule productrice. Quand celle-ci doit germer en filaments fins, elle se hérisse de petites aspérités cylindriques généralement assez nombreuses qui la déforment et ne se renflent jamais. Certaines cellules des filaments se différencient d’une façon identique (fig. 49). Dans les
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conditions de dessiccation relative ci-dessus indiquées, les filaments en question s’allongent beaucoup, mais restent grêles et très irréguliers, présentant sur tout leur trajet
Fig. 49. — Culture sur pomme de terre en cellule. Filaments en voie de dessiccation.
des débuts de ramification qui leur donnent une surface inégale.
Au centre d’une goutte de liquide en cellule, mais hors de la chambre humide, la végétation est en levure et des fumago se produisent lentement, mais sur le bord de la gouttelette s’allongent des filaments fins et irréguliers. Si l’on remet cette préparation dans la chambre humide, on voit souvent ces filaments se dissocier en cellules isolées qui végètent dès lors en levure.
Pendant ce temps, des éléments identiques conservés dans la chambre humide continuent à végéter en levure, et donnent seulement quelques rares filaments dont les cellules initiales offrent un double contour, mais ne sont pas encore nettement cutinisées. En tout cas, la cutinisation est beaucoup plus lente, comme sur le tissu même de la pomme de terre.
En somme, les variations portent surtout sur la cutinisation plus ou moins rapide et sur la production de filaments. Il est certain que la question de l’humidité est ici prépondérante.
b.— Germination sur gélatine nutritive. — Les cultures en cellule sur gélatine nutritive poussent avec une très grande rapidité. Les formes-levures germent en longs filaments sur lesquels on voit, dès le début, se former de petites conidies, isolées d’abord, ou en petits groupes, puis se multipliant rapidement sur place en amas volumineux autour
des ramifications du filament primitif. À ce moment (dès le lendemain du semis parfois), ces amas font littéralement disparaître dans leur masse de longues régions des fila-
Fig. 50. — Germination en cellule sur gélatine nutritive : 1, après quatre heures; — 2, après huit heures; — 3, après treize heures ; — 4, après deux jours.
ments et la culture a tout à fait l'aspect représenté par Laurent dans son mémoire (1). Chaque conidie a pris l'aspect d’une forme-levure ovoïde (fig. 50).
(4) Laurent, loc. cit.