VI. — CULTURE SUR LE MILIEU-TYPE
A faut maintenant étudier la culture entièrement développée sur le milieu-type, après un temps assez long, afin de se rendre compte de la variété des formes obtenues.
a.—Aspeclertérieur.— Quelle que soit l’origine du semis, il se développe d'abord, ainsi que je l’aidit, une végétation de couleur café au lait, un peu rosée ou saumonée, humide, d'aspect cireux, constituée par la forme-levure.
Si l'atmosphère du tube reste fortement chargée d'humidité (capuchon de caoutchouc), la végétation s’étend peu à peu sans changement et se conserve à cet état. Mais, nor-
malement, on voit certains points, dans les parties les plus sèches, devenir blanchâtres et porter un petit flocon laineux blanc se distinguant en somme de la végétation ordinaire par une différenciation plus nette dans le sens mycélien. Dans les cultures-contrôle, il semble que cette forme floconneuse ou étalée, blanche, soit plus fréquente, et surtout plus prompte à venir que dans les cultures primitives.
Mais la modification la plus importante est la production de formes fumagoïdes et la cutinisation du mycélium. On voit bientôt des taches verdâtres, puis noirâtres, se montrer sur les parties couvertes par la végétation primitive et aussi dans les régions du tube contenant du liquide. Lorsqu'un tampon de coton existe au-dessous de la pomme de terre, il est toujours parcouru par des filaments verts ou vert brun, visibles à l'œil nu, et les diverses formes du champignon s’y montrent abondamment. Les parties noires de la. pomme de terre n'offrent ni filaments, ni tomentum : c'est.une sorte de tache d'encre qui s'étale en surface et se substitue à la végétation primitive. Si l’on ressème sur le même milieu cette tache noire, ou les filaments blancs, on obtient invariablement la végétation café au lait.
-- La tache noire est due à la transformation directe et à la cutinisation des levures. A la longue, tout devient noir.
b.— Caractères microscopiques.— Ontrouve d’abord seules, puis mêlées aux autres éléments, les formes-levures dont je ferai l'étude plus loin. On trouve aussi des filaments à grandes cellules, faiblement articulées et conidifères. Bientôt les conidies formes-levures se modifient, grossissent, s'arrondissent et se colorent de plus en plus : on peut suivre cette transformation pas à pas. Mais tandis que certaines des cellules formées se cutinisent simplement en conservant leur formeetdonnent ainsi dessortes d’hypnospores, d’autres se cloisonnent transversalement une ou deux fois, d’autres encore subissent une division dans deux ou trois directions et restent ainsi à l’état de véritables /wmago ; d'autres, enfin, continuent leur division transversale, et donnent
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de vrais filaments. Mais ces filaments eux-mêmes varient beaucoup. D'ordinaire les cellules restent courtes, isodiamétriques, et souvent arrondies, agencées en un chapelet dont les articles peuvent aussi se séparer, s'égrener en grosses cellules rondes. D'autres filaments sont plus réguliers, plus cylindriques, colorés, d’autres enfin cylindriques aussi, délicats, et tout à fait incolores. En somme, sur une culture sur pomme de terre datant de quelques jours, on trouve (PL. IV, fig. 2) :
1° Des formes-levures (conidies) germant, de taille normale.
2° Des formes-levures incolores arrondies et grossies, de dimensions très variables.
3° Des cellules cutinisées, arrondies ou ovoïdes, très différentes de taille et de couleur, avec tous les passages aux précédentes d’où elles proviennent.
4° Des filaments bruns, cylindriques, à cellules longues ou courtes, souvent avec des parties non cutinisées ou moins cutinisées, et des cellules intercalaires plus brunes.
5° Des filaments bruns moniliformes à cellules arrondies avec des passages à la forme précédente.
6° De grosses cellules arrondies brunes, analogues à 3°, mais résultant de la fragmentation des filaments.
7° Des cellules cutinisées divisées suivant plusieurs plans, en forme de fumago.
8° Des filaments composés de ces cellules en funago (rares ici, plus fréquents dans les cultures sur carotte) CRAN
9° Des filaments mycéliens blancs très fins.
10° Des filaments blancs plus volumineux formés par là germination des levures.
Entre tous ces termes existent de nombreux passages. La plupart de ces éléments sont, ai-je dit, susceptibles degermer.
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