‹ Theses presentees a la Faculte des sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur es sciences naturelles (volume 3)Chapitre 77 sur 81 · I. — Le Dematium pullulans n’est aucunement gêné par · texte numérisé non relu

I. — Le Dematium pullulans n’est aucunement gêné par

l'acidité. C'est la seule des quatre espèces qui ait poussé partout tout de suite.

Le champignon croît en levure d’abord, puis la cutinisation des levures se produit et la culture devient d’un noir verdâtre. Cette transformation est d'autant plus rapide et d'autant plus complète que l'acidité est plus forte (sauf une seule exception, où la présence fortuite d’une bactérie à semblé hâter beaucoup la transformation en fumago). Sur les fragments très acides, le noircissement commence au bout de quarante-huit heures. Chez les autres, il demande plusieurs jours (8 à 10).

La levure fonce même quelquefois sans noireir.

Sur le fragment acidifié par 5 p. 100 d’acide, végétation

(4) J'avais craint que la saccharification de l'amidon ne se produisit, dans ces conditions, en proportions diverses et ne troublât l'expérience. La recherche du glucose sur la pomme de terre ainsi traitée a été négative. Seule, la pomme de terre ayant séjourné dans la solution à 5 p. 100 à présenté des traces de glucose. D'ailleurs, la saccharificalion par les acides n'étant qu'un phénomène d’hydralation, l'acidité du milieu serait restée la même : mais le glucose produit aurait pu agir comme milieu favorable.

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retardée : les levures se montrent au bout de trois jours et en même temps apparaît le fumago jaune verdâtre, qui bientôt forme de petits grains vert noirâtre, ayant sur la pomme de terre l'apparence de petits Nostocs.

Au microscope, on aperçoit quantité de levures, mais celles-ci ont grande tendance à former des filaments courts et épais dont les cellules, d'abord blanches, deviennent rapidement jaunes, puis verdâtres, et constituent la végétation nostocoïde.

Il. — L'Alernaria polymorpha supporte moins bien l’acidité. Il ne pousse bien ni sur le milieu à 5 p. 100, ni sur celui qui à séjourné deux heures dans l'acide à 1 p. 100. I semble même n'y pas pousser du tout. Cependant, au bout de plusieurs semaines (3 ou #4, suivant la saison), il se développe sur la pomme de terre une végétation rouge ou rose uniforme, constituée par des levures grossies et germant en un mycélium incolore et stérile, qui parfois forme un tomentum blanc superficiel. Les autres milieux donnent bien le type avec ses caractères et sa variété de couleur. Mais le séjour d'une heure dans l'acide à 1 p. 100 affaiblit la végétation. Des pycnides, blanches, puis jaunes, puis noirâtres, se forment bientôt partout où le champignon pousse bien, mais les formes du mycélium durable ne se montrent, même tardivement, que si l’acidité est faible (1 p.100 un quart d'heure, et déjà moins dans 1 p. 100 une demi-heure).

UT. — L’A /ternaria varians semble aussi diminuer de vitalité quand l’acidité augmente. Sur la pomme de terre ayant séjourné un quart d'heure ou une demi-heure dans l'acide à 1 p. 100, la vigueur est très grande (au point que dans un tube contaminé fortuitement par un Penicillium, V'Alternaria à complètement submergé celui-ci). Mais le séjour d'une heure dans l'acide arrête absolument la végétation de celte espèce; à fortiori deux heures, et plus encore la solution à 5 p. 100.

“Si la plante pousse, elle offre les caractères extérieurs qu'elle à normalement sur le milieu.

IV. — Enfin le C/adosporium herbarum, que l'on sait déjà être sensible aux acides, n’a poussé que dans les milieux peu acides et Irès lentement (12 ou 15 jours après, sans étuve).

L'expérience montre que la pomme de terre ayant sé- Journé un quart d'heure dans une solution à 2 p. 100 d'acide est tout à fait comparable à celle qui à macéré une demiheure à {1 p. 100. Pour les quatre espèces, la ressemblance est complète. L’acidité des deux milieux doit être identique. 1 p. 100 pendant deux heures donne plus d’acidité que 2 p. 100 pendant un quart d'heure, et moins que 5 p. 100 pendant un quart d'heure.

Si, maintenant, on examine certains milieux acides en particulier, on pourra constater quelques faits intéressants : c'est d’abord la tendance du Dematium à prendre sur les acides des formes fumagoïdes; c’est la propriété spéciale de l'acide gallique de produire des cellules enkystées avec les espèces les plus diverses ; c’est la difficulté que les champignons éprouvent à se développer dans l'acide glycérophosphorique, tandis que les glycérophosphates sont pour eux des milieux excellents, etc.

Acide tartrique. — Résultats médiocres : lartrates non essayés : ils doivent constituer de bons milieux, car les solutions d’émétique sont, malgré leur toxicité, très facilement envahies par les végétations.

Acide citrique. — Donne, lui aussi, à plusieurs champignons des formes enkystées fumagoïdes.

Acide borique. — Il contient souvent des végétations. Récemment M. Guéguen a montré de nouveau que son pouvoir antiseptique était absolument nul, ainsi qu’on le pensait depuis déjà longtemps, et que le développement des champignons sur des milieux boriqués est à peu près normal, quelle que soit la proportion employée. Cependant, je dois dire que la plupart des espèces semées sur ce milieu y sont mal venues. Le Sterigmatocystis nigra, le Penicillium, etc., y poussent, mais médiocrement, les Dématiées bien moins que dans les autres acides. Les végétations y sont faibles ou nulles, ou

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souvent stériles. Évidemment, ce n’est pas un toxique puissant, mais ce n'est pas non de un milieu favorable. Mêlé à un substratum nutritif, il n’en empêche pas sensiblement l'action, mais les semis dans la solution pure périssent d'ordinaire assez vite (9 espèces sur 14 essayées), ce qui n’a pas lieu dans l’eau distillée. |

En semant les végétations de l'acide borique des pharmacies, j'ai obtenu chaque fois le Penicillium, assez souvent des levures colorées, et enfin un Cephalosporium.

Acide gallique. — Un des milieux des plus intéressants à cause des formes de convergence qu'il détermine chez les champignons les plus divers et qui se traduisent par : fragmentation du mycélium, ou plutôt végétation en cellules séparées ou en courts filaments ; épaississement de la paroi ; coloration du contenu. Le liquide brunit souvent aussi avec certaines espèces (Sterigmatocystis nidulans, Dematium pullulans), tandis qu’il reste clair avec d’autres très voisines (Sterigm. nigra, etc.).

L'enkystement est un phénomène commun, dans ce milieu, aux espèces les plus diverses : ainsi le Sterigmatocystis nidulans en offre une forme très curieuse; ainsi les chlamydospores que forme le Trichoderma viride ont leur paroi très épaissie, ete., etc.

Pour les Dématiées, l Ph gallique à été essayé à diverses doses et en imprégnation sur milieux solides. A l'exception du Cladosporium, ces plantes donnent, comme on le sait, une végélation enkystée, souvent fumagoïde, formant d'ordinaire un dépôt peu abondant au fond du He de culture. Elles poussent d'ailleurs assez mal, mais à peu près toutes conservent leur vitalité, grâce à cet enkystement.

L'Alternaria varians et le Dé pullulans sont les plus vigoureux. Le développement est plus grand pour les faibles doses (0,5 p.100) que pour les autres (1 p. 100, etc.).

Le liquide est toujours coloré, mais la culture du Dema-

lium donne une solution foncée, brune ; la teinte est jaune chez les autres.

Sur les milieux solides imprégnés, le Cladosporium est aussi le moins vigoureux des quatre, et l’on observe des différences dans la coloration du liquide et du bois. L'A/ternaria varians forme sur le bois un tomentum gris qui manque chez les autres, mais est assez normal chez cette espèce.

J'ai essayé plusieurs milieux contenant de l'acide phosphorique sous diverses formes (/actophosphate de calcium, phosphate acide de sodium, glycérophosphates monosodique et disodique, ete.). Toutes ces solutions ont donné d'excellents résultats, et tout spécialement les deux dernières, qui contrastent par la vigueur: ordinaire de leur végétation avec l'acide glycérophosphorique seul. Les champignons y conservent d'ordinaire leurs caractères de coloration, tandis que dans le /actophosphale la teinte (sauf pour les Dématiées) est plus ou moins blanche. Le phosphate acide de sodium est déjà moins bon, les végétations y sont médiocres, quelques-unes malingres et décolorées, même les Dématiées, qui sont pourtant mieux traitées.

Les plus intéressants des milieux à acide phosphorique sont les glycérophosphates mono- et disodique. Tous deux sont très favorables aux Dématiées, qui y poussent abondamment avec une couleur foncée.

Du reste, les quatre espèces étudiées se ressemblent beaucoup comme aspect extérieur dans ces milieux: la végétation est immergée, colorée, le liquide limpide et incolore, les filaments en flocons ou en membranes, généralement très fertiles. Peut-être le sel monosodique est-il plus favorable que le disodique. C’est une différence peu sensible. Comme partout, la végétation de l’A/ternaria polymorpha est moins colorée que les autres; c'est ce que montrent en particulier les corps solides (bois, éponge) imprégnés de glycérophosphate monosodique.

Par opposition aux milieux acides, la soude à 1 p. 100, milieu évidemment très mauvais, a confirmé la différence entre le CVadosporium herbarum, une des rares

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espèces qui y ont poussé, et le Dematium pullulans, bientôt disparu. Les A/lernaria n'ont même pas commencé à végéter : même à 0,25 p. 100, aucun développement ne se fait.

Acétate de sodium.— Milieu pauvre, et, en somme, défavorable. II a cependant donné quelques résultats intéressants. D'abord les champignons y poussent mal, il est vrai, mais ils y poussent, et d'ordinaire y conservent assez longtemps leur vitalité. De plus, nombre d'espèces s’y développent en un mycélium moniliforme, toruleux. La plupart des cellules sont renflées, souvent sphériques, gonflées ou non par de gros globules graisseux. Il existe pourtant quelques différences : ainsi le Dematium pullulans S'y multiplie seulement en levure et ne se colore pas. Les autres Dématiées sont colorées, mais assez faiblement, surtout le Cladosporium. L'Allernaria varians paraît le plus vigoureux partout.

Les cultures ont été faites sur des solutions à trois titres : 1 p. 100, 5 p.100; 10:p:. 100 L'acétatemdensoumne s’est opposé à la végétation à aucune de ces doses, mais la proportion moyenne de 5 p. 100 a été préférée par toutes les espèces. Les cultures sur milieux solides imprégnés d’acétate ont confirmé les résultats ci-dessus. Maximum de vigueur pour les Al{ernaria, puis vient le Cladosporium et, enfin, le Dematium, toujours faible et en levure.

Sulfate de magnésium. — Flocons blancs pour diverses Mucédinées (Sterigmatocystis, Acrostalagmus, Cephalosporium, etc.); bruns ou gris pour les Dématiées, qui y prospèrent mieux en général. Cependant, le Dematium y vient mal.

Alun. — Quelques végétations nuageuses blanches (S4erigmatocystis nigra, Cephalosporium, Acrostalagmus, ete.). Les Démaliées ne s’y cutinisent pas. C'est l'Alternaria polymorpha qui s'en accommode le mieux.

Chlorure de baryum. — Le Cephalosporium, V'Acrosta-

lagmus, et quelques Dématiées entourent le semis d’un petit flocon blanc stérile. Souvent formes de dégénérescence.

Ferrocyanure de potassium. — Milieu très défavorable : les Mucédinées n'y donnent rien ou un faible dépôt dissocié. Les Dématiées y poussent quelquefois, mais restent stériles et incolores : ce sont là les deux caractères principaux.

Chlorure d'ammonium. — Lorsque les semis y poussent, les filaments ne se cutinisent pas et restent stériles.

Les A/fernaria sont seulement un peu plus vigoureux.

Chlorure, bromure, iodure de sodium. — Il était intéressant de faire varier l'acide dans trois sels halogénés de la même base, afin de voir le rôle de l'acide. Sur les mêmes champignons, ces solutions offrent à dose égale des différences très nettes. Le bromure s’est montré le meilleur milieu pour les Dématiées: la plupart v sont brunes, sauf le Dematium resté incolore et l'Alernaria polymorpha, qui s’est peu coloré. Le chlorure est venu ensuite : le Cladosporium seul y est brun, les autres ont des flocons immergés blancs, et se colorent seulement hors du liquide ; le Dematium y pousse en levure. Enfin, l'iodure est le plus mauvais des trois : le C/adosporium forme quelques granulations sur la paroi du tube, l’A/fernaria polymorpha donne un flocon immergé blanc sale, le Dematium et les autres ne poussent plus du tout (1).

Les mêmes différences se trouvent pour les Mucédinées et les formes-levures cultivées dans ces trois milieux.

Chlorures de sodium, d’ammonium, de baryum. — Si l’on fait maintenant varier la base, les modifications paraissent moindres. Des trois sels essayés 1ci, et qui, je le reconnais, sont insuffisants pour conclure et pour généraliser, c'est le sel de barvum qui a donné les solutions les moins favorables : c'était du reste un résultat à prévoir.

(1) M. Guéguen vient de constater que le bichlorure de mercure était quatre fois moins toxique que le biiodure pour le Penicillium glaucum

(loc. cit.).

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Les liqueurs arsenicales devaient être essayées, car c’est chez elles qu'on trouve le fameux Aygrocrocis arsenicus, point de départ de divers travaux sur la question. J'ai pris l'arséniate de sodium à 1 p. 1000 et l'arsénite de potassium (liqueur de Fowler), ce dernier sel à plusieurs doses. L’arséniate de sodium est un mauvais milieu, mais à cette dose faible quelques espèces (C'ephalosporium, Acrostalagmus, Cladosporium, Dematium, etc.) y donnent un flocon blanc ou gris, d’autres un dépôt granuleux. La liqueur de Fowler ne forme de végétation appréciable qu'avec troïs ou quatre espèces.

En outre, tandis que dans l’arséniate de sodium huit espèces ont conservé leur vitalité et ont reproduit le type au semis de contrôle, le fait ne s'est pas produit une seule fois pour l’arsénite de potassium: les champignons qui s’y sont un peu développés y sont morts au bout de quelque temps.

En ce qui concerne les Dématiées semées dans la liqueur de Fowler, quelques rares flocons très petits et stériles, ou quelques nuages de levure, sont tout ce que l’on observe, même après un temps très long : encore ces éléments sontils sans vie. Si l’on diminue la teneur du liquide en arsénite de potassium (dilution à 1/2), les semis s'entourent de quelques filaments blancs. Si l’on augmente au contraire cette teneur, on n'obtient plus aucune végétation.

Il est à remarquer que le Cladosporium ne se développe pas du tout dans ce milieu. C'est ce qu'a aussi indiqué M. Guéguen, quand il a dit que dans la liqueur de Fowler le Penicillium avait poussé quelques filaments, tandis que les spores d’Hormodendron ne donnaient rien.

En somme, je n'ai pu faire développer artificiellement d'Hygrocrocis sur la liqueur de Fowler, avec aucune des espèces essayées.

Ce résullat peut paraître singulier, étant donné que l’'Hygrocrocis classique est une Dématiée et sans doute une forme du Cladosporium (1). Mais je ne puis que le consigner ici

(1) Voy. p. 124. Voy. aussi la figure donnée par Marchand dans sa Botanique cryptogamique.

sans l'expliquer.D’ailleurs, j'aitrouvé partoutdanslesliqueurs de Fowler des pharmacies des filaments blancs avec quelques fragments de Dématiées peu reconnaissables, mais J'avoue n'avoir jamais pu voir une végétation bien caractérisée, bien cutinisée, typique.

Alcaloïdes. — Je n’en ai employé que deux : le sulfate de quinine à 1 p. 100 et le cHlorhydrate de cocaïne à 1 p. 100. En général, les moisissures s'y développent assez bien; les levures y forment un dépôt, les autres des flocons ; la cutinisation y est faible, et les végétations d'ordinaire blanchätres ou peu colorées. Bien des champignons n’y forment qu'un mycélium stérile.

Le Cladosporium est une des espèces les plus réfractaires, qui s est mal développée dans la quinine et presque pas dans la cocaïne. Le Dematium est plus abondant, l'A/fernaria polymorpha paraît être le plus vigoureux des quatre, surtout dans la quinine, où il a des caractères intéressants.

Créosote et Gaïacol. — Ces milieux, donnés comme de bons antiseptiques, ne se sont pas opposés en général au développement des champignons: Mais la couleur manque souvent el les végétations sont ordinairement stériles. Des expériences de M. Guéguen sur le gaïacol, avec le Penicillium glaucum, 1 résulte que 1 p. 2000 empêche tout à fait la germination des spores et que 1 p. 8 000 permet une croissance lente et la formation de spores grises. Un Penicillium qui produit des sclérotes très facilement, et pour lequel je ne trouve guère d'autre différence avec le glaucum, a donné un flocon assez abondant dans la solution employée, qui était aussi à { p. 2000. Le S/erigmatocystrs nigra et le Trichoderma viride ont mieux poussé que la plupart des autres espèces dans la solution. Partout le liquide s’est coloré en brun. Les Dématiées ont aussi donné un mycélium, mais d'ordinaire stérile et peu coloré, quelquefois même en dégénérescence.

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