TRANSFORMATIONS DU COEUR
tinction de la cloison mtcrventricidairc et de la cloison intcrvcstibulaire. La première f (PI. XVI, //r/. 7j tend à séparer en deux comparlimenls la partie ventriculaire du cœur, en y continuant pour ainsi dire la cloison inier-auriculaire; la seconde 3 tend à diviser en deux la portion vestibulaire ou bulbaire du cœur, en y continuant la cloison Intcr-aovtique. La première est une radiation du pôle veineux dit cœur vers le ventricule, la seconde est une radiation du pôle artériel vers le ventricule également. La première est originairement musculaire, la seconde fibreuse.
Chez les Chéloniens, les Ophidiens, les Sauriens, c'est-à-dire chez les Reptiles à ventricules communicants, ces deux cloisons n'atteignent pas leur entier développement et présentent toujours une lacune plus ou moins étendue; mais, en supposant qu'elles atteignissent tout leur développement, elles ne parviendraient point à former une cloison complète et à séparer parfaitement le ventricule en deux cavités. Pour cela, il faudrait en effet que le bord inférieur de la cloison intervestibulaire pût venir se souder au bord supérieur de la cloison interventriculaire. Or cette rencontre ne saurait avoir lieu chez les Reptiles à ventricules communicants, parce que les deux plans verticaux dans lesquels se trouvent comprises ces deux cloisons sont transversalement fort éloignés l'un de l'autre, ainsi qu'on peut le voir clairement sur les/*;/. 4 (PI. V), fig. 2 (PI. "VI), fig.2 (PI. XII}, fig. 7 (PI. XVI), et fig. 2 (PI. XVII). La figure schématique? (PL XVI), surtout, montre fidèlement toute la distance qui sépare ces deux cloisons et l'impossibilité pour elles de se rencontrer bord à bord et de se souder. Pour que cette impossibilité disparût, il faudrait que les plans des deux cloisons se rapprochassent transversalement, et c'est précisément ce qui a lieu chez les Grocodiliens, par un mécanisme que nous étudierons soigneusement quand il s'agira de ces derniers (PL XVI, fig. 8 et 8 bis).
Pour compléter cette étude du passage progressif du cœur des Batraciens à celui des Reptiles, il me reste à poursuivre dans ces deux classes le mode de constitution des valvules auriculo-ventriculaires.
La disposition générale des valvules auriculo-ventriculaires chez les Poissons osseux est celle de valvules sigraoïdes à concavité inférieure, dont les cornes et quelquefois certains points du bord libre donnent insertion à des faisceaux musculaires dépendant des colonnes charnues des
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parois veiilriculaires. T.es Squales présentent une disposition différente: leur orifice auriculo-ventriculaire est garni d'une tente valvulaire fibreuse unique, dont le bord libre est attaché par plusieurs points de son pourtour aux parois musculaires du ventricule '. Les organes valvulaires correspondants des Batraciens présentent des dispositions qu'il est très-aisé de considérer comme de simples modifications ou des combinaisons de ces dernières. Chez le Crapaud, par exemple, nous avons vu l'appareil valvulaire auriculo-ventriculaire se composer d'une série de valvules adhérentes par un de leurs borda au pourtour de l'orifice, et dont le bord libre dentelé et la face inférieure donnaient, insertion à de petits tendons naissant des colonnes charnues du ventricule. Dans d'autres cas, comme chez le Siren lacerUna, à cette disposition s'ajoute un appareil ou voile central, de faibles dimensions d'ailleurs, à la face supérieure duquel s'insère la cloison inter-auriculaire. et dont les extrémités antérieures et postérieures sont en relation avec les brides charnues du ventricule. J'ai à peine besoin de faire remarquer toute l'analogie qu'il y a entre l'appareil valvulaire des Poissons osseux et celui des Batraciens anoures, et entre l'appareil valvulaire des Squales et la tente centrale du Siren lacertina. Ce dernier animal présente en réalité une combinaison de ces deux appareils, l'un zonaire et périphérique, l'autre central. Du reste, je dois dire, pour comprendre ces diverses dispositions dans une formule générale, que les valvules auriculo-ventriculaires ne sont au fond que des appareils tendineux dépendant des faisceaux charnus les plus internes des parois ventriculaires. Or ces tendons, épanouis sous forme de lames, peuvent venir s'insérer directement à la portion correspondante du pourtour de l'orifice et constituer ainsi les valvules sigmoïdes des Poissons osseux, les valvules zonaires des Batraciens anoures ; ou bien ces lames tendineuses peuvent converger et venir se confondre les unes avec les autres vers le centre de l'orifice, de manière à constituer un voile aponévrotique central, comme chez les Squales et le Sh'en lacertina. Ces variétés de forme et de disposition ne doivent point nous surprendre, et ne portent aucune atteinte à la certitude des homologies ; car s'il est des appareils qui dans un même organe varient
' Cuvier; Anat. comp , tom. VI, |)dg 341.
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considérablement leur forme et leur disposition . ce sont certainement les appareils aponévrotiques et tendineux.
Mais si les appareils valvulaires auriculo-ventriculaires présentent dans les classes précédentes des variations si remarquables qu'il semble quelquefois difficile d'établir clairement leur homologie, on peut atfirmer d'un autre côté que, dans les autres classes de Vertébrés, les modifications se font d'une manière plus graduée, les dispositions fondamentales se retrouvent nettement dans toute la série, et les homologies peuvent être déterminées avec une entière précision. C'est ce que nous montrera la suite de cette étude.
Si le lecteur veut bien se reporter à la description que j'ai donnée du cœur des Cbéloniens, il lui sera fiicile de se convaincre que dans cette classe l'appareil valvulaire se compose d'une portion périphérique ou zonaire constituée par les deux valvules externes des orifices auriculo-ventriculaires et d'une portion centrale beaucoup plus développée qui constitue la tente valvulaire si remarquable des Cbéloniens, des Ophidiens et des Sauriens (PI. XVI, fig. 3, ibis). De ces deux portions, la première est rudimentaire ; elle est formée de deux petites valvules ou replis placés au bord externe des orifices auriculo-ventriculaires, et dont les angles aigus ou cornes antérieure et postérieure s'insèrent sur les faisceaux charnus du ventricule. La seconde portion est très-importante et se continue par ses bords adhérents antérieur et postérieur, et surtout par ses angles externes, avec des faisceaux musculaires plus volumineux et plus importants que les précédents. A sa face supérieure adhère le bord inférieur de la cloison inter-auriculaire. La face inférieure présente un sillon au niveau de cette insertion, et par là, la tente valvulaire se trouve divisée en deux moitiés à peu près égales : l'une demi-tente droite, pour l'orifice ventriculaire droit ; et l'autre demi-tente gauche, pour l'orifice ventriculaire gauche. Nous retrouverons ces quatre éléments, deux moyens et deux extrêmes, plus ou moins modifiés depuis les Cbéloniens jusqu'aux Mammifères.
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