‹ Thèses présentées a la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de Docteur ès-sciences naturelles (volume 5)Chapitre 27 sur 76 · TRANSFORMATIONS DU COEUR · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DU COEUR

les fibres musculaires qui tapissent la partie inférieure de la valvule ne sont point aulres que les faisceaux musculaires, qui chez les Chéloniens venaient aboutit à la corne valvulaire. Ainsi donc, malgré les différences apparentes, il y a homologie et correspondance parfaites, et le lecteur pourra s'en rendre facilement compte en comparant lu jiy. -i (PI. Vj aux fig. 1 (PI. VII), fiy. 1 et 2 (PI. VIIIj, fig. 1 (PI. IX), et fig. 3 et 4, (PI. XVI).

D'après les données précédentes , il est facile de déterminer d'une manière rigoureuse les éléments de la valvule auriculo-ventriculaire droite et les modifications que ces éléments ont subies 5 (PI. XVI fig. 1). C'est ainsi que nous reconnaîtrons à la valvule : 1° un bord interne ou axe commun très-court; 2° un bord antérieur très-convexe en avant, dont la portion postérieure adhère à la face droite de la cloison inlervestibulaire ; 3° un bord postérieur très-long et fortement incliné en bas et en dehors; 4" un bord externe libre, dont la forme varie suivant que la valvule est abaissée ou relevée.

La face supérieure de la valvule des Chéloniens est devenue postérieure, et la face inférieure forme ici la face antérieure. C'est sur cette dernière face que vient adhérer le bord postéro-supérieur de la cloison intervestibulaire (PI. VIII, fig. 1; PI. XVI, fig. 8 bis). Il faut remarquer en effet que les orifices aortiques s'étant placés, non point symétriquement dans l'angle antérieur des deux cornes valvulaires, mais surtout au-devant de la valvule auriculo-ventriculaire droite, la cloison intervestibulaire qui correspond à l'interstice des deux aortes ne pouvait correspondre exactement à l'axe commun des deux valvules, mais devait se trouver à droite de cet axe. Il arrive en effet que la cloison intervestibulaire 3 vient par son bord postéro-supérieur adhérer à la tente valvulaire, non point précisément audessous de la cloison inter-auriculaire, mais à droite de ce plan et à la face inférieure de la valvule droite (PI. XVI, fig. 8 bis). Cette circonstance fournit une preuve positive de la différence d'origine des cloisons interventriculaire et intervestibulaire, la première répondant exactement au plan vertical de la cloison inter-auriculaire, et l'autre se trouvant à droite de ce plan. Aussi la rencontre et la réunion de ces deux cloisons ne peuvent-elles avoir lieu que grâce à un certain degré d'inclinaison de droite à gauche et de haut en bas de la cloison intervestibulaire.

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Une analyse aussi complète et aussi détaillée doit donner une idée suffisante des particularités anatomiques de cette valvule et de ses homologies. Je terminerai ce que j'ai à en dire, en peignant par une image les changemeuLs de direction que cette valvule a subis eu passant des Chéloniens aux Crocodiliens. Pour obtenir ce résultat, il semble qu'on ait saisi la corne antérieure de la valvule des Chéloniens et que. la tirant en haut, en arrière et en dehors, on ait fait basculer la valvule sur un axe transversal, de manière à porter sa corne postérieure en bas et en avant.

Je dois maintenant rechercher ce que deviennent chez les Crocodiliens les deux valvules auriculo-ventriculaires externes des Chéloniens, etc. A gauche, on la retrouve à peine modifiée. C'est encore un petit repli fibreux en forme de croissant C {fig. 2, PI. Vil), dont les cornes donnent insertion à des faisceaux musculaires plus distincts et plus accentués que ceux qui s'attachent à la valvule correspondante des Chéloniens. Les modifications sont beaucoup plus marquées du côté droit, et un examen superficiel pourrait laisser croire que toute trace de la valvule externe a disparu de ce côté. Il n'en est rien pourtant. Loin de disparaître sans laisser de vestiges, cette valvule a subi dans ses éléments des transformations remarquables qui, tout en la perfectionnant, permettent à peine de la reconnaître. Cette valvule occupe chez les Chéloniens le bord externe de l'orifice auriculo-ventriculaire droit. Elle a deux cornes, une antérieure et l'autre postérieure, qui se relient plus ou moins aux faisceaux musculaires du ventricule, et qui, s'inclinant en bas et en dedans, passent pourtant audessus des cornes de la valvule interne. La valvule interne, aussi bien que l'externe, s'inclinant en bas vers le centre de la cavité ventriculaire, laissent entre elles les bords antérieur et postérieur de l'anneau auriculoventriculaire libres et dépourvus d'adhérences valvulaires (PI. XVI, fîg. 3). Chez les Crocodiliens, le transport circulaire en dehors et en arrière de l'extrémité antérieure de l'orifice auriculo-ventriculaire droit a fortement raijproché l'extrémité antérieure de cet orifice de la paroi postéro-latérale du ventricule, et a pour ainsi dire supprimé le côté externe de l'orifice (PI. XVI, fig. 4). De quadrilatère qu'il était chez les Chéloniens, l'orifice est devenu triangulaire et n'a plus que : 1° un côté interne, représentant le côté interne des Chéloniens plus une partie du côté antérieur;

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2° un côté externe correspondant ;i la seconde portion du côté antérieur déjeté en dehors et au côté externe très-raccourci ; et 3" un côté postérieur représentant exactement le côté postérieur des Chéloniens. Cette nouvelle conformation réduisant à de trés-faibles dimensions la place occupée primitivement par la valvule externe des Chéloniens, celle-ci se réduit à son tour à un noyau fibreux (PI. VII, fig. \), (PI. IX, fiq. 1),5' (PI. XVI, fig. 4), qui, parlant de l'extrémité de la corne de la valvule interne, atteint bientôt les faisceaux obliques gauches postérieurs du ventricule, c'est-à-dire précisément le point où venait correspondre la corne postérieure de la valvule externe des Chéloniens. Mais si la partie de la valvule externe s'est tellement réduite qu'elle ne forme plus qu'un noyau fibreux, par compensation le faisceau musculaire oblique postérieur, dont elle constituait pour ainsi dire le tendon, a pris un développement compensateur et a formé la valvule musculaire S' (PL VII, fig. 1; PI. VIII, fig. 2; PI. IX, fig. 1), 5" (PI. XVI, fig. 4). Cette colonne ou valvule charnue, représentant un élément exagéré de la valvule externe des Chéloniens, vient, comme cette dernière, se terminer au voisinage de la corne postérieure de la valvule interne. Les deux valvules se rapprochant par leurs extrémités antérieure et postérieure continuent, malgré leurs transformations, à former une boutonnière, comme chez les Chéloniens. Leur inclinaison commune en bas et vers le centre du ventricule laisse, comme chez les Chéloniens aussi, le bord postérieur de l'anneau auriculo-ventriculaire libre d'attaches valvulaires. Nous savons ce qu'il est advenu du bord antérieur.

J'espère avoir été complet dans l'analyse qui précède, et avoir jeté quelque lumière sur les transformations du système valvulaire auriculo-ventriculaire. II me reste peu à ajoutera ce que j'ai dit de l'anneau bulbaire des Grocodiliens; je veux seulement faire observer l'accroissement de puissance qu'il acquiert chez ces animaux et la tendance prononcée qu'il a à se confondre avec les parois ventriculaires proprement dites .Y (PI. IX, /(//. 3). Prenant la forme d'une courbe fortement convexe inférieurement, il tend à pénétrer dans les parois ventriculaires età se fondre avec les fibres qui composent les parois. Néanmoins, à l'extérieur il reste encore distinct, tandis qu'intérieurement se remarquent des traces plus évidentes de fusion. Chez

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les Chéloniens, les fibres verticales qui tapissent la paroi postérieure du vestibule pulmonaire ne commencent qu'au voisinage du bord inférieur de l'anneau musculaire; chez les Crocodiliens, des faisceaux verticaux déjà considérables des parois ventriculaires tapissent toute la face interne de l'anneau bulbaire, et le relient fortement au reste des parois ventriculaires (PI. VII, A'i7. l).

Je n'ai pas besoin de revenir sur la comparaison et l'homologie complète à établir entre le noyau fibro-cartilagineux des Chéloniens et celui des Crocodiliens; j'ai, dansle chapitre des Crocodiliens, déterminé l'homologie de toutes ses apophyses. J'en dirai autant de la fausse-cloison antérieure, dont j'ai signalé les transformations, consistant particulièrement dans la diminution de son importance et de ses dimensions, et dans la disparition de la lèvre. Quant aux gros troncs naissant du ventricule, pas n'est besoin de faire remarquer qu'ils se correspondent exactement, et que les différences ne se prononcent entre eux que dans la formation de leurs branches de deuxième ou de troisième ordre. L'anastomose abdominale est conservée; c'est tout ce que j'en dis iri, réservant les détails pour une partie spéciale de ce travail.

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