LIVRE CINQUIÈME
Le Cœur des "Vertébrés et le Transformisme.
L'examen précédent du parallélisme de la série zoogénique et de la série embryogénique ne me permet pas de passer sous silence une question d'une grande actualité, celle delà transformation des espèces. Je ne puis avoir la prétention de l'approfondir; mais le sujet de ce travail me provoque naturellement à l'étude de quelques-uns des points qu'elle embrasse, et je veux essayer d'apporter une pierre, si petite soit-elle. dans ce chantier si largement ouvert aujourd'hui à l'activité des naturalistes.
Je désire d'abord faire remarquer qu'il y a sans doute, entre la théorie du parallélisme et la théorie de la transformation des espèces, certains liens de parenté, mais que ces liens sont bien moins étroits qu'on ne serait d'abord disposé à le penser, et que ces théories sont loin de dépendre profondément l'une de l'autre. La théorie du parallélisme permettrait sans doute d'expliquer facilement, par de simples degrés dans l'évolution, les rapports de descendance de certains types différents les uns des autres. Mais ce serait une erreur de la considérer comme une des bases fondamentales et comme une des conditions nécessaires du Darwinisme ; elle pourrait tout au plus aider à constituer pour un certain nombre de cas de transformation une explication plus ou moins facile et rationnelle. Comme l'a fort bien dit le professeur Hallier (^Théorie de Darwin; Hambourg, 1865), « les formes organiques, qui existent côte à côte, se sont formées les unes auprès des autres et non pas les unes des autres » ; de sorte qu'il s'agit moins de savoir comment un Reptile tel que les nôtres s'est transformé en Oiseau, ce qui est du ressort de la théorie du parallélisme, que de recher-