MULTIPLES DE
Vitesse.
Valeur de m.
18mm
Il ressort clairement de ce tableau que, pour le cas donné, la valeur de m croît et décroit avec la vitesse et en sens inverse de la tension. Je ne doute point que la valeur de m ne varie suivant la pression hydrostatique et la nature du tuyau d'écoulement, etc.; mais il n'en reste pas moins vrai que dans un tuyau élastique analogue à celui dont je me suis servi pour mes e.xpériences, la valeur de m décroît de plus en plus lentement à mesure que diminue la vitesse et que croît la tension. Ces variations, régu-
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liéros dans la valeur du rapport de la pression hydrostatique et de la vitesse pour constituer la tension dans un même tuyau et sous une même pression, tiennent probablement aux conditions d'élasticité du tuyau et aux changements de calibre de ce tuyau provoqués par des tensions différentes. Dans tous mes calculs j'ai supposé constant le diamètre du tube, parce que ses parois étaient épaisses et sufSsamment résistantes par rapport aux tensions qu'elles avaient à supporter; mais je ne dois pas oublier de dire que ce diamètre a dû croître très-faiblement avec la tension, et que la valeur de cet accroissement doit diminuer insensiblement, comme la valeur de m, à mesure que la tension s'élève, c'est-à-dire à mesure que le maximum de distension du tube est près d'être atteint. C'est peut-être en partie à cela qu'il faut attribuer les variations dans la valeur de m. C'est ce qu'on pourrait prouver par des expériences faites avec des tubes rigides. Ces expériences, je n'ai pas eu le loisir de les faire, car elles n'avaient que des rapports très-éloignés avec le sujet dont je m'occupe. Il me suffit d'avoir établi, dans cette première série d'expériences faites sur un seul tube pourvu d'un embranchement oblique de petit calibre, quelques propositions importantes pour la solution de la question que je me suis posée. Il ressort en effet, de tout ce que je viens de dire, que le phénomène et la formule d'hydraulique sur lesquels s'appuie Briicke, pour penser que l'écoulement se fait chez les Crocodiliens de gauche à droite dans l'anastomose, doivent recevoir une interprétation et une forme différentes de celles que Briicke leur attribue. Nous avons vu en effet que les propositions de Briicke sont trop générales, et que si, pour le cas actuel, lorsqu'il s'agit de tensions inférieures à 2 centimètres, l'influence de la direction de l'angle est d'autant plus grande que la tension est plus faible, au-dessus de 2 centimètres au contraire, c'est-àdire à 3, 4, 5 centimètres, l'influence de l'angle s'efface de plus en plus et l'écoulement se fait également bien, quel que soit le sens du courant par rapport à l'embranchement. Or, si l'on examine précisément quelles sont Ips conditionsdans lesquelles se trouvent les aortes chez les Crocodiliens, on remarque d'un côté une aorte droite dont on peut, par analogie et eu égard aux parois du ventricule gauche, supposer la tension égale au moins à 5 ou 6 centimètres, et pour laquelle l'influence défavorable de l'angle de l'anastomose disparaît sous l'influence de cette pression élevée ; tandis que
l'aorte gauche, dont on ne peut considérer la tension comme supérieure à 1 ou 2 centimètres au plus, perd par cela même le bénéfice de l'insertion à angle obtus de l'anastomose. Cette première série d'expériences ne permet pas assurément de supposer que le sang passe toujours de l'aorte droite dans la gauche, comme le veulent Bischoff et Brucke; les expériences de la seconde série vont me permettre de préciser les limites dans lesquelles est possible ce courant de droite à gauche.
Dans la seconde .«'érie d'expériences, j'établissais pour chacun des deux flacons réservoirs et des deux tubes une pression et un écoulement constants; puis je faisais varier la différence de tension manométrique des deux tubes, tantôt en élevant ou abaissant la colonne d'eau de l'un des flacons réservoirs, et tantôt en fermant plus ou moins le robinet inférieur d'écoulement de l'un ou l'autre des deux tubes. Pour constaterdans les deux cas le moment où le liquide de l'un des tubes pénétrait dans l'autre quand l'anastomose était dirigée, soit de haut en bas, soit de bas en haut, par rapport au premier tube, j'avais recours au moyen suivant: Je plaçais dans le flacon correspondant au premier tube une certaine quantité de cristaux de bichromate de potasse destinés à se dissoudre pendant l'écoulement et à fournir une solution suffisamment colorée de ce sel. Quand l'opération commençait, je faisais varier successivement, soit la hauteur de la colonne, soit l'orifice du robinet inférieur, et je recueillais à chaque fois dans un verre à expérience du liquide qui s'écoulait du tube correspondant au flacon d'eau pure. Je traitais le liquide recueilli par une solution d'acétate de plomb, qui donnait un précipité blanc de carbonate de plomb lorsque le liquide du tubo coloré n'avait pas pénétre par l'anastomose dans l'autre tube, ou un précipité jaune de chromate de plomb dans le cas contraire.
Je ne puis rapporter ici les résultats détaillés des nombreuses expériences que j'ai faites dans ces conditions: je me borne à donner le tableau d'une série de ces expériences, en ajoutant que les résultats que j'ai obtenus n'ont pas différé de ceux que je rapporte ici. Je préviens le lecteur que, pour simplifier les désignations, je continue à appeler aorte gauche le tubo avec lequel l'anastomose forme un angle aigu vers l'orifice terminal, et aorte droite celui avec lequel elle forme un angle obtus dans la même direction .
Dans l'expùriencc suivante, j'ai établi des [)rc.ssions hydrostatiques assez élevées, et égales ou à peu près égales dans les deux aortes, .l'ai ensuite, au moyen des robinets inférieurs, fait varier simultanément la vitesse d'écoulement dans les deux aortes de ^, de |, de |, etc., en prenant pour point fixe l'aorte à liquide incolore. Pour chaque vitesse de cette aorte, j'ai établi, en agissant sur le robinet del'aorte colorée, desdifférences de tension manométrique d'un demi-millimètre, de l™", de 2, etc., de manière à constater quelle était pour telle ou telle vitesse la différence de tension nécessaire pour que du liquide coloré passât de l'aorte colorée dans l'aorte incolore à travers l'anastomose. Le tableau suivant (pag. 397j résume ces résultats.
Le tableau ci-après (pag 398) renferme les résultats obtenus après avoir renversé de haut en bas les tubes, de manière à ce que leurs anciens orifices d'écoulement fussent devenus leurs orifices d'abouchement au flacon, et vice versa. Par suite de cette opération, le même tube que précédemment, et par suite le même orifice du tube anastomotique, se trouve en rapport avec le flacon coloré. Mais comme le sens de l'anastomose a été changé par le renversement du tube, l'ancienne aorte droite joue le rôle d'aorte gauche, et vice versa.
Il ressort clairement de ces tableaux que, la pression hydrostatique restant la même, l'influence de l'angle d'insertion de l'anastomose s'efface à mesure que la vitesse diminue, c'est-à-dire à mesure que la tension s'élève, dette influence devient par conséquent do moins en moins défavorable à l'aorte droite, et de moins en moins aussi favorable à l'aorte gauche. Ces résultats sont parfaitement en harmonie avec ceux que j'ai déjà obtenus en expérimentant sur un seul tube. lisse relient aux mêmes causes, et trouvent une explication identique.
S'il est donc vrai, comme le prétend Briicke, que le sang d'un vaisseau analogue à l'aorte gauche des Grocodiliens puisse passer dans laorte droite par une anastomose oblique, quoique la tension de l'aorte gauche soit inférieure à celle de la droite , il est démontré également parles expériences précédentes qu'il peut exister des conditions de pression, do vitesse, etc.. telles, que l'influence de l'angle d'insertion de l'anastomcse se trouve singulièrement aU'aiblie et tout au moins diminuée, primée par l'influence de la
ROLE DE I.ANASTOMOSE ARDOMIXALE
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