‹ Thèses présentées a la Faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade de Docteur ès-sciences naturelles (volume 5)Chapitre 55 sur 76 · DES TYPES DE CIRCULATION · texte numérisé non relu

DES TYPES DE CIRCULATION

représentent dans leurs premières phases de développement une forme exactement identique à celle des Batraciens pérennibranches. Mais la disparition des branchies, le maintien du caractère nu de la peau, et un développement plus prononcé de l'organe pulmonaire, changent les conditions de la vie. La vie aérienne est devenue fondamentale, et c'est la vie aquatique qui n'est possible que dans cei'laines limites, et vient se surajouter, se superposer à l'autre.

Cette vie vraiment araphibienne, cette suppléance possible pendant un temps prolongé du poumon et de la peau comme organes respiratoires, sont rendues possibles par la disposition même de l'appareil de la circulation. La cavité ventriculaire, étant unique, recueille le sang hématose, d'où qu'il arrive: du poumon ou do la peau; et de plus, cette unité ventriculaire s'oppose à toute congestion veineuse grave et à tout embarras de la circulation, puisque dans tous les cas une issue, soit pulmonaire, soit aortique, est laissée au sang reçu par le ventricule.

Mais il existe de plus chez quelques Batraciens, soit pérennibranches, soit abranches, des relations très-remarquables entre les artères pulmonaires et les artères du système cutané, relations qui sont éminemment favorables au balancement fonctionnel de ces deux organes respiratoires, et à l'établissement de compensations très-utiles dans la distribution du sang. C'est ainsi que, comme nous l'avons vu chez la Grenouille et chez le Crapaud, l'artère pulmonaire de chaque côté se divise en deux branches dont l'une est destinée au poumou, et dont l'autre va former un réseau vasculaire dans la peau de la tête et du tronc chez la Grenouille, dans la peau de la région cervicale seulement chez le Crapaud. Chez l'Axolotl, les arcs aortiquesde la quatrième paire se bifurquent pour aller, d'une part s'anastomoser avec les racines de l'aorte, d'autre part se distribuer aux poumons et constituer les artères pulmonaires. Chez le Protée, chez le Siren lacertina, il y a également des relations très-grandes entre le système artériel pulmonaire et le système artériel branchial ou général. On comprend facilement les effets de cette disposition ; la circulation s'active là ou l'hématose devient possible, peau ou poumon, et le sang est ainsi détourné des voies où la circulation pourrait être embarrassée par le défaut même d'hématose. Les Batraciens présentent donc ce fait remarquable de pouvoir, à des degrés un

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peu divers il est vrai, s'adapter à une vie tantôt aquati(jiie et tantôt aérienne. L'un et l'autre de ces deux milieux, l'air et l'eau, paraissent être pour eux un milieu normal ; et c'est sans faire violence à leur vie physiologique qu'ils peuvent alternativement adopter l'un ou l'autre milieu. C'est là le premier essai de vie aérienne, mais avec conservation plus ou moins grande do la vie aquatique.

Les Reptiles à ventricules commimicants représentent un degré de plus dans cet essai de vie aérienne. Chez eux, en etTet, la vie aérienne se perfectionne, mais la vie aquatique s'affaiblit et diminue; l'organe respiratoire cutané disparait presque enliérenienl, et la surface pulmonaire se multiplie par un cloisonnement moins incomplet. Il reste, comme condition anatomique favorable à un séjour prolongé sous l'eau, la possibilité du passage dn sang du ventricule droit dans le gauche par la fente du ventricule, et la permanence de l'aorte gauche et de son anastomose abdominale. Ce sont là, comme nous l'avons vu, des conditions propres à supprimer les embarras dans la circulation veineuse, qui pourraient provenird'un obstacle à la circulation pulmonaire.

Les Crocodiliens, enfin, représentent le troisième et dernier degré dans celte série de transformations dont l'ensemble constitue le second type. Ici la communication intervenlriculaire proprement dite est supprimée. Mais l'existence de l'aorte gauche, qui dépend du ventricule droit, le foramen de Pannizza et l'anastomose abdominale, quoique très-réduite, fournissent au sang du ventricule droit un écoulement suffisant, même quand la circulation de l'artère pulmonaire est embarrassée parsuite du défaut d'hématose. D'une autre part, le poumon s'est encore perfectionné, et la vie aérienne a pris plus d'importance et plus d'activité.

Enfin, si, sortant de ce second type si remarquable, nous passons au troisièmetype, qui renfermeles Vertébrés supérieurs, nous rencontrons d'une parties Mammifères et de l'autre les Oiseaux, qui présentent des points de contact avec le sous-type des Crocodiliens, chacun d'entre eux. leur ressemblant par quelques points de l'organisation. Mais, pour ce qui regarde l'appareil circulatoire et ses rapports avec le milieu dans lequel vit l'animal, il faut dire que, malgré certaines ressemblances très-remarquables entre la constitution des chambres du cœur, des valvules et de certains vaisseaux

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