ESTOMAC DES ANNELÉS
mologues des glandes gastriques du Scorpion, au inoins d'après M. Blanchard ; car quelques zoologistes (Kittary) en font des glandes salivaires, et d'autres en font des glandes pancréatiques. C'est chez les Galéodes que cet appareil est le plus développé. Chez les autres Araignées, l'estomac se dilate, et forme des cœcums plus ou moins nombreux, plus ou moins longs, mais qui semblent se rapprocher des formes du tube digestif qu'on \oit chez les Mollusques Phlébentérés. Le foie des Aranéides s'ouvre dans l'estomac par des conduits biliaires très-larges, qui semblent de véritables cœcums gastriques.
L'appareil digestif antérieur des Insectes présente des organes de sécrétion moins développés que chez les Aranéides. Comme chez les Mollusques, il y a une cuticule interne qui devient quelquefois extrêmement résistante, comme cornée, et sert à la mastication. D'après la classification adoptée par les entomologistes (L. Dufour, Milne Edwards), cet estomac musculeux serait le gésier. Au-dessus du gésier, est une sorte de réservoir qu'on appelle le jabot. Au-dessous est un estomac glandulaire ou ventricule chylifique. Le ventricule chylifique est constant chez tous les Insectes, long chez les Insectes phytophages, au contraire court et étroit chez les Insectes suceurs. D'après Sirodot(l), la cuticule fait défaut dans le ventricule chylifique, et on y trouve des cellules ovoïdes ou sphériques, paraissant se renouveler rapidement. Sous cette couche épithéliale est une membrane transparente qui recouvre une couche musculaire. Dans l'épaisseur de cette couche musculaire sont logées des glandules, composées elles-mêmes de cellules. analogues aux cellules à pepsine de Testomac des Vertébrés. Cette disposition se voit surtout chez les Coléoptères carnassiers, et c'est évidemment l'appareil glandulaire stomacal qui se rapproche le plus de ce que l'on voit chez les animaux supérieurs. Comme chez les Vertébrés, il y a de grandes différences dans l'aspect extérieur de ces glandes ; mais ces variétés dans la conformation externe sont d'une importance
(1) Ann, des se. natur.»t. X, 1858. Reehef'Ches $ur les sécrétions ehex Us Insectes, p. 481.
24 PROPBIÉTÉS DO SUC GASTRIQDE.
secondaire (1). Ce n*egt guère que chez les Coléoptères qu'on Yoit une telle perfection dans la structure du tube digestif (2).
Dans le ventricule chylifique, à la partie inférieure, débouchent encore des conduits qui semblent être destinés à Texcrétion urinaire (tubes de Malpighi), et qui par conséquent n*ont aucun rapport avec les sécrétions digestives.
De tous ces faits nous devons conclure qu'il n'y a pas de glandes stomacales chez la plupart des Invertébrés, sauf chez les Insectes, qui paraissent avoir un appareil glandulaire peptique assez bien développé. Nous sommes amené à cette conclusion, à la fois par nos recherches personnelles, qui nous ont montré Tabsence complète de glandes chez les Crustacés comme chez les Mollusques, et par le silence de tous les auteurs à ce sujet (3). Cependant, il ne faut pas regarder la question comme jugée, et un examen attentif de l'estomac des divers Invertébrés montrerait peut-être des cellules glandulaires. Malheureusement, cette étude n'a pas été entreprise.
De la constitution chimique du suc gastrique.
Le suc gastrique pur, tel qu'on peut le recueillir sur un Chien à qui on a fait une fistule, est un liquide incolore, filant, facilement filtrable, ayant peu d'odeur, et présentant une réaction franchement acide. Il ne s'altère pas facilement, et Yulpian a pu montrer aux élèves qui suivaient son cours, en 1875 (4), du suc
(1) Pour plus de détails sur les glandes peptiques du ventricule chylifiquedes Coléoptères, Toy. Sirodot, loc. ct^— Ramdohr, Àbhandlung ueher den Verdauungswerkzeufj der Inseeten. — Léon Dufour, Ann. des se. natur., passim.
(2) Il y a exception pour le Fourmilion. Voy. Milne Edwards» loc.cit., p. 611.
(3) Nos recherches histologiques, malheureusement trop courtes, ont été faites dans le laboratoire de M. le professeur Robin.
(4) Cours publié dans le Journal VÉeole de médecine, 1875, p. 21.