HISTOIRE DUS THÉORIES CIIIMIOUES
gastrique recueilli ea 1863 parLonget et n'ayant pas d'altération apparente.
L'histoire chimique du suc gastrique comprend, d'une part, l'élude de l'acide libre, et d'autre part, l'étude de la pepsine.
Au premier abord, la détermination de l'acide libre dans le suc gastrique ne parait pas avoir grande importance, lîn eil'et, Claude Bernard a montré que tous les acides agissaient de la mômemanière vis-à-vis de la pepsine. Selon Heidenhain, l'acide le plus actif dans les digestions artificielles serait l'acide azotique, lequel n'existe certainement pas dans le suc sécrété par l'estomac.
Toutefois c'est.un problème très-intéressant, au point de vue de la nature même des sécrétions. Il est très- remarquable qu'un milieu alcalin comme le sang, donne naissance à un produit acide comme le suc gastrique. En outre, on peut se demander si c'est une sécrétion véritable, ou une sorte de fermentation, et enfin, ne fût-ce qu'au point de vue chimique pur, c'est un problème d'autant plus intéressant qu'il est plus difficile à résoudre.
D'ailleurs un très-grand nombre de chimistes ont traité la question, et nous allons résumer les principaux faits mis en lumière par eux.
Les expériences de Berzelius (1) tendaient à faire admettre que l'acidité de l'estomac était due à l'acide lactique qu'on rencontre dans tous les liquides animaux. Mais les expériences de Prout (2). répétées par Children (3), semblèrent prouver que l'acide libre était l'acide chlorhydrique.
Voici l'expérience de Prout, Il prenait le contenu de l'estomac d'un Lapin, l'étendait d'eau, le filtrait et le divisait eu trois portions. La première était calcinée, et le chlore était dosé après la calcinatîon. La seconde, exactement neutralisée, était de même calcinée, et le chlore dosé après calcination. La troisième portion élait mêlée à un excès de potasse calcinée, et le chlore
(1) Annales de chimie u dtphys., 1813. t.LXXXVIU.
(2) Philot. Transact, 1825. - Ann. de chim. et de phys., I. XXVll, p. 36.
(3) Ann.iecb<m.etdiphy!..t.XX\ll, p. 11.
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dosé après calcinatîon. Prout pensait obteoir par différence, d'une part, la quantité de chlore libre, d'autre part, la quantité de chlore libre mêlée au chbrhydrate d*aminoniaqae qui se serait dégagé pendant la calcination avec un excès de potasse. Mais la méthode et les analyses de Prout étaient assex défec* tueuses, et il est inutile d'y insister.
M. Chevreul (4) éleva quelques objections contre rexpérience de Prout^ et conclut que Taeide libre était de Tacide lactique. Leuret et Lassaigne (2) firent de mème^ et Prout défendit ses expériences (3). Tiedemann et Gmelin (4) pensèrent que l'acidité était due à l'acide acétique^ qui selon eux perdrait sa volatilité lorsqu'il est combiné aux matières animales. Frerichs (5) trouva de Tacide butyrique. Blondlot (6) pensa que l'acide libre était un sel acide, du phosphate acide de chaux; mais ces trois opi* nions furent à peu près adoptées seulement par leurs auteurs, et le problème se limita à l'acide lactique et à l'acide chlor^ hydrique.
Il serait fastidieux d'énumérer en détail toutes les opinions des divers auteurs ; le seul point de vue vraiment intéressant, c'est la méthode employée^ et les faits nouveaux mentionnés par eux. Aussi, relativement aux expériences de Tiedemann et Gmelin, et à celles de Frerichs, suffira-t-il de reconnaître qu'il y a quelquefois un peu d'acide acétique, et quelquefois un peu d'acide butyrique dans l'estomac. Nous verrons plus loin pourquoi il est nécessaire d'adopter cette conclusion. On doit admettre aussi, avec Blondlot, qu'il peut se rencontrer du phosphate acide de chaux ; mais il faut pour cela des circonstances exceptionnelles. Le suc gastrique des Chiens nourris avec des os (7) a dû nécessairement dissoudre des phosphates calcaires : or, dans une liqueur acide, le phosphate basique de chaux devient acide :
(1) Cité par Milne Edwards, Leçons sur la physiol., etc., t. VH, p. 25.
(2) Loc. cit.
(3) Ann. of philosophy, déc. 1829.
(4) Traité de la digestion, 1826.
(5) Wagners Handwôrterb, t. III, p. 781.
(0) Traité anal, de la digestion, 234, 1843.
(7) Lehmann, Lehrb, der physiol. Chemie, t tll, p. 335.