‹ Thèses présentées à la faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade le docteur èsChapitre 18 sur 66 · Eau. 3.1 ) p. « o Éther · texte numérisé non relu

Eau. 3.1 ) p. « o Éther

De même, en faisant sur l'acide de l'expérience 2 une série de traitements successifs, ainsi que je l'ai indiqué plus haut, j'ai obtenu les résultats suivants :

Eau.

Éther.

Eau.

Éther.

Eau.

ll.l

Éther.

Eau.

Éther.

Eau.

Éther.

Eau.

Éther.

Eau.

Rs = 5.1

06=4.8 •]|r,=6.5 Rs = 6.3 ce qui fait une série progressive, tendant vraisemblablement

FERMENTATION SARCOLAGTIQUE. 47

vers le chiffre 10, coefficieDt de partage de Facide lactique de fermentation, mêlé en petite quantité à l'acide sarcolactique :

On peut donc conclure de ce fait que, dans le sarcolactate de chaux extrait de la viande de cheval, il se trouve du lactate mêlé au sarcolactate, ainsi que Wislicenus l'a indiqué (1), En effet, Wislicenus a vu que l'acide sarcolactique était un mélange de deux acides, l'un, l'acide oxypropionique (éthylénolactique), l'autre, un acide éthylidénolactique, analogue, mais non identique à l'acide lactique de fermentation. Je ne puism'étendre sur ce sujet; je rappellerai seulement que Socoloff (2), a cru démontrer l'existence d'un troisième acide lactique. En tout cas, Wislicenus (3) a fait la synthèse de l'acide sarcolactique en traitant la monocyanhydrine du glycol par la soude.

Quoi qu'il en soit de la constitution chimique essentielle de ces isomères de l'acide lactique, l'acide sarcolactique a un coefficient de partage que nous pouvons regarder comme très-voisin de 4. En cela il diffère très-notablement de l'acide lactique de fermentation, dont le coefficient de partage est 10.

Si maintenant nous rapprochons ce chiffre 4 du chiffre 2.6, moyenne obtenue pour le coefficient de partage de l'acide solubledans l'éther, nous trouverons qu'il s'en rapproche beaucoup; et comme nous avons pu extraire de l'acide lactique du suc gastrique, il est permis de conclure que l'acide soluble dans l'éther est l'acide sarcolactique.

D'ailleurs, si ce chiffre est moins élevé avec le suc gastrique qu'avec la solution d'acide sarcolactique, cela tient à ce que des acides gras supérieurs s'y trouvaient en petite quantité, et tendaient à abaisser le coefficient de partage. En effet, j^ai constaté dans les produits de la digestion la présence de l'acide butyrique, dont le coefficient de partage est de 0,25.

De tous ces faits je crois pouvoir conclure :

(1) Deutsche Chem. GeselUchaft.i t. HI, p. 619.

(2) Ann, der Chem. u. Pharmac, t. CL, p. 1G7.

(3) Ann. deif^. CItem. u. Pharmaô,, t. CXLVllI, p: 4.

1°). Le SUC gastrique pur et frais contient un acide insoluble dans i'éther, et des traces d'un acide soluble ;

2*). A mesure que le suc gastrique vieillit, il s'y fait une sorte de fermentation lente (plus ou moins analogue à la putréfaction), et la proportion de Tacide organique augmente;

3«). Cet acide organique semble être de l'acide sarcolactique.

Quant à la nature de l'acide insoluble dans l'étber, la question est difficile à élucider, car les expériences sont contradictoires.

En effet, d'une part, il est bien évident, d'après tous les faits énoncés plus haut, que l'acidité du suc gastrique n'est pas due à l'acide lactique.

D'autre part, il y a un excès de chlore, ce qui semble faire admettre que l'acide chlorhydrique est l'acide insoluble dans l'éther.

Cependant quelques réactions paraissent prouver que l'acide insoluble n'est pas de l'acide chlorhydrique libre, du moins dégagé de toute combinaison avec les acides organiques.

Nous allons exposer les épreuves qui démontrent cette différence entre l'acide chlorhydrique libre et l'acide du suc gastrique. Ces épreuves reposent sur la nature du coefficient de partage en présence des acétates, sur la dialyse, sur Tinlerversion du sucre de canne et sur diverses réactions signalées par plusieurs physiologistes.

lo Coefficient de partage. — L'acide chlorhydrique libre n*a pas de coefficient de partage appréciable, mais on peut manifester sa présence par une réaction très-simple. En effet, ainsi que l'a montré M. Berthelot, si on met un acétate alcalin en excès en présence de l'acide chlorhydrique, le chlore se fixe sur le métal, et l'acide acétique est mis en liberté.

C'est ce que montre l'expérience suivante, identique à une des expériencesde M. Berthelot. Soit une solution d'acide chlorhydrique avec un excès d'acétate de soude, en présence de

CHLORHYDRATE DE LEUGINE. 49

Téther. On retrouve sensiblement le coefficient de partage de l'acide acétique :

Solution aqueuse. ^•'^ ) p 4 7

Éther. 3.4 j ^-^•'

Appliquons cette réaction au suc gastrique (1). En prenant du suc gastrique de môme acidité que la solution chlorhydrique précédente , et en y ajoutant une dose égale d'acétate de soude, le coefficient de partage sera difTéïent :

^ I Suc gastrique. 11.6 ) ^ j. «

^- ' Éther. 2.2 ' ^ - ^'^

Suc gastrique. 9.6 | p p.

Mer. 1.9 1 ^~^-

Ainsi, par l'acide libre du suc gastrique, la totalité de Tacide acétique n'est pas mise en liberté comme par une solution d'acide chlorhydrique.

Même si on fait bouillir le suc gastrique avec l'acétate de soude, le coefficient de partage ne changera pas sensiblement :

„,. I Suc^a,«,ua. .3.3 j^^^.

De même encore, si on évapore du suc gastrique jusqu'à consistance sirupeuse. En reprenant ensuite par Teau et l'acétate de soude, on trouve :

-^. ( Suc gastrique. 9.3 ) ^ ^ ,

^^•l Éther. 1.7 i^ = ^-*

La moyenne de ces quatre expériences concordantes donne 5.3, ce qui difTère notablement du coefficient de partage de l'acide acétique, soit 1.4, et ce qui ne permet pas d'identifier l'acide libre du suc gastrique à l'acide chlorhydrique.

Il semble qu'avec du suc gastrique frais, le résultat soit en^ core plus net : en effets avec du suc gastrique de squale, frais, traité par Tacétate de soude, je trouve :

^ I Suc gastrique. 2.2 | ^ ^ ^ g

I Éther. 0.3 i

(1) L'expérience a été faite avec du suc gastrique de poisson.

Avec du suc gastrique de veau, le résultat est le même.

Ces faits nous permettent de conclure que Tacide du suc gastrique ne se comporte pas comme une solution d'acide chlorhydrique, et qu'il ne déplace pas, en totalité, l'acide acétique des acétates.

Si on pose l'équation normale du coefficient de partage de l'acide acétique on a :

et en prenant la moyenne des expériences qui précèdent, et qui est égale à 5.7, on a:

— = 5./, soita? = -—-==0,4.

Ainsi, en représentant par 1 la quantité de l'acide acétique d*un acétate mise en liberté par l'acide chlorhydrique, la quantité d'acide acétique du même acétate, mise en liberté par le suc gastrique, sera 0.4, c'est-à-dire moins de la moitié de la quantité normale.

Ce fait mérite d'attirer l'attention ; car c'est une démonstration formelle que l'acide chlorhydrique n'existe pas, à l'état libre, dans le suc gastrique, mais qu'il est combiné à des substances qui lui font perdre une partie de ses propriétés.

Pour appuyer cette conclusion sur une expérience directe, il fallait prendre une solution aqueuse d'acide chlorhydrique, etlacombiner aux corps neutresou faiblement basiques contenus dans la muqueuse de l'estomac.

Voici comment j'ai institué cette expérience :

La caillette d'un veau récemment tué, est débarrassée de toutes les matières alimentaires qui la souillent, et soigneusement lavée par un courant d'eau froide. On prend sa muqueuse, qu'on détache, et qu'on .fait macérer une heure dans environ 100 ce. d'eau contenant 0.28 d'acide chlorhydrique. à la température de 48° enviroi^. Au bout d'une heure, on ^porte le tout sur un filtre. La solution filtre difficilement; mais, en une demijournée, on a une suffisante quantité pour faire toutes les expé-

CULOUUYOllATE DE LEUGIKE. 51

riences nécessaires. C'est un liquide transparenf, légèrement citrin, et ne contenant que de l'acide chlorhydriqué et les éléments du suc gastrique pur.

Or ce liquide, qui devrait se comporter vis-à-vis de l'acétate de soude comme l'acide chlorhydriqué, se comporte comme le suc gastrique, ainsi que le démontrent les expériences suivantes :

- j Môme solution. 6.4 )

^"- lÉther. 1.3 1^ = ^

Le lendemain, toute la liqueur, ayant achevé de filtrer, semble encore plus riche en chlorhydrate de leucine :

----^- ( Même solution. 4.2 \ •. ^

vm. } . . 1.7 i ^ == ^

Éther. 0,

Même solution. 5.3 , ^ „ „

Éthér. 0.8 ' ^ = ^-^

Par conséquent, dans cette ei jérience, nous avons fait, en quelque sorte, la synthèse du suc gastrique, et, par la combinaison de l'acide chlorhydriqué avec les substances organiques qui existent dans la muqueuse de l'estomac, reproduit un liquide dans lequel l'acide chlorhydriqué n'est plus libre, mais combiné, avec les mêmes caractères que dans le suc gastrique naturel.

Reportons - nous maintenant à la composition des matières protéiques que M. Schiitzenberger a récemment si bien analysées (1). M. Schûtzenberger a montré que l'albumine et toutes les matières analogues étaient des corps très-complexes, mais que leur constitution les rapprochait du glycocoUe, ou sucre de gélatine, de la leucine et des amides semblables, ayant la formule générale :

C°H"+iAzO^

Or le glycocolle se combine à l'acide chlorhydriqué pour

(I) Bull, de la Soc. chimiquey 1876, I,'p. t47/>to.

donner un sei acide, et même plusieurs sels acides, selon Hors-

ford (1) :

{C^ff,AzO^)HCl.

(C^H5,AzO*)*HCl.

La leucine , Talanine, ont une constitution analogue , et M. Schtttzenberger a montré que les matières protéiques, traitées par l'hydrate de baryte, donnaient de la leucine, de l'alanine et du glycocoUe.

En somme, ces substances peuvent se combiner aux bases et aux acides, et leur combinaison avec les acides est un sel acide, comme le chlorhydrate de glycocoUe, comme le chlorhydrate de leucine, dont les solutions ressemblent à des solutions d'acide chlorhydrique.

Elles en diffèrent toutefois par certains caractères. En particulier, elles ne se comportent pas vis-à-vis des acétateé comme des solutions d'acide chlorhydrique. C'est ce qui résulte des expériences suivantes, faites en présence de Tacétate de soude, pour comparer les réactions des chlorhydrates de glycocoUe et de leucine à la réaction du suc gastrique :

. j Ghlorh. de glycocoUe 5.8 | p __ o c

^- (Éther. 2.3 ) *^"~^'^

Q ( Ghlorh. de leucine ^ ^*^ \ r> o o

^- I Éther. 2.0 P = ^'^

^ ( Môme solution. 7.3 ^ ^^

^- I Éther. 2.8 j ^ = ^'^

, ( Môme solution. 1-9 ) i^ o ^7

^- I Éther. 0.7 1 ^ = ^'^

, I Môme solution. 1.4 ) „ „

Môme solution, avec deux

6. l équivalents de leucine. 8.4 Éther. 2.2 Môme solution, avec trois

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