l équivalents de leucine 5.3 ) ^ Éther. ,.ilR
(1) Ann.dtrChim. u. Pharmac. t. LX, p. i.
CHLORHYDRATE DE LEOGIiNE. 53
Ces expériences viennent confirmer l'hypothèse que nous émettions plus haut, à savoir, que l'acide chlorhydrique est combiné, dans le suc gastrique, à une substance analogue à la leucine ou au glycocoUe, comme si l'acide libre du suc gastrique était le chlorhydrate de cette substance.
Au lieu d'opérer sur la muqueuse stomacale, j'ai opéré 5ur de la pepsine commerciale (préparée par M. Holtot), et j'ai constaté le même résultat :
I Solution de pepsine, d'HCl
et d'acétate de soude. 5.3 \ ,
Êther. 1.2 r = ^-^-
Q ( Même solution. 2.7 J p r o
^- I Êther. 0.5 j ^ T ^'^
Il est probable que cette combinaison ne peut s'effectuer avec les matières albuminoïdes. En effet, avec de la fibrine (putréfiée) dissoute dans l'acide chlorhydrique, on retrouve le coefficient de partage de l'acide acétique, comme avec les solutions aqueuses d'acide chlorhydrique :
Résumons les résultats de ces expériences :
lo L'acide chlorhydrique, en solution aqueuse^ déplace tout l'acide acétique des acétates.
2^ L'acide du suc gastrique ne déplace que la moitié de l'acide acétique des acétates.
3^ Il existe dans la muqueuse stomacale des substances qui se combinent à l'acide chlorhydrique. La solution se comporte comme du suc gastrique naturel, et ne déplace que la moitié de l'acide acétique des acétates.
4<> Leglycocolle, la leucine, la pepsine dissoutes dans racide chlorhydrique, se comportent à peu près comme le suc gastri-» que, et ne déplacent guère que la moitié de l'acide acétiquQ des acétates.
5<) Par conséquent^ il est vraisemblable que Tacide du suq gastrique est le chlorhydrate d'une base faible, qui se comporte
54 PROPmÉTiS M ftUQ 6A8TRI€«II.
yi9-à^\)9 de Vadide chlorhydrique à jpeu pfès coœiâe la leucine ou le glyeocolle.
Ce» UÀi% rendant irraiseœblabU l'eusteoee dan» le sue gagtrique d'une subttanee analogue à la leuoioe ) et eu e&t^ il existe dans le suc gastrique et daus ks glaftdd» stomacale» de» quantités > notables de la leueine^ Mais j'ai \ouki eouserter Tordre (}ue j'ai suivi dans mes efxpérieuces, pour montrer par quelle série d'inductions je suis arrivé à rechercher la leuc^ue du suc gastrique.
Il est probable que, si les physiologistes n'ont pas jusqu'ici coKstaté de leucine dans le suc gastrique^ eela tient à ce que, quand elle est combinée à l'acide ehlorhydriqué, la leucine ne peut cristalliser, et qu'il est presque impossibUr de la trouver dans une solution acide i
Voici comment J'ai procédé pour la recherche de la leucine* Ayant préparé une infusion stomacale avec huit caillettes de veau, d'après la méthode indiquée ci-dessus (1), j'ai obtenu environ 800*=° d'une solution chlorhydrique, l'addition d'acide chlorhydrique étant nécessaire pour enlever les substances actives contenues dans la muqueuse et empêdhèr la putréfaction. Cette solution fut traitée par une quantité suffisante de carbonate d'argent récemfioleiit ptédpité 6t éhâtiffée légèrement, puii âltrée» de manière à être tout ^ fait dépourvue d'acide chlorhydrique. En faisant passer uû ôotifant d'hyâfogène sulfuréi M précipite à l'étatde sulfufè l'otyde d'argedt qui â'est formé partiellement pendant la réaction. Mais on ne petit séparer parflUfatlùti le sulfure d'argent : il faut évaporer lentement dftU!i l§ tide ou à utië ôhaleur modérée : quand la liqUéur est éifa{)urée ft oousistaudë eitiipeugé, on la reprend par Talôool absolu bouillant, à plusieurs repris69< Ou ne dissôut ainâi que la leuéiue, la tyrosine et leë substanoôft semblables, tandis que les peptones, le sulfure d'argent et les sels minéraux suot itisolubles daus oes eonditidns. Dans la liquéUr alcoolique évaporée, puis abandonnée à elle-même, on constate la pré« sencë de tyrosine, et surtout de leucine.
(i) VoyeJs page 50.
DIALYSE. 55
La quantité de leucine que m'ont donnée ces huit caillettes de veau traitées par 2,5 d'acide chlorhydrique» peut être évaluée à 5 grammes environ. La quantité de tyrosine est plus faible.
Par des cristallisations fractionnées, on peut isoler ces deux corps des matières extractives qui les accompagnent^ et les obtenir à l'état de pureté suffisante pour constater leurs carae* tères chimiques et cristallographiques.
Ainsi, de même qu'on trouve de la leucine dans le pancréas, on en trouve aussi [dans Vestomac. Mais dans l'estomao elle est combinée à Tacide oblorhydrique, en sorte qu'elle modère pour ainsi dire l'action de l'acide, et c'est probablement sous cette forme de combinaison que l'acide chlorhydrique est sécrété par les glandes stomacales : quant à ^l'acUon de la leucine sur la digestion de Talbumine, c'est un point qui n a pas encore été étudié, et sur lequel je me propose de revenir.
3. Dialyse. — Si on soumet à la dialyse, dans des conditions identiques, du suc gastrique et une solution d'acide chlorhydrique de même titre acide, les deux liqueurs se comporteront différemment.
En faisant dialyser pendant vingt-quatre heures 135<^« de suc gastrique dont l'acidité totale répondait à 0^510 (en poids de HCl) en présence de 800*^° d'eau, au bout de vingt-quatre heures (les deux liqueurs n'ayant pas change de volume), la solution dialysée présentait une acidité totale de 0,016^ la solution non dialysée, une acidité totale de 0,526.
En faisant dialyser dans les mêmes conditions, dans des vases identiques, une solution d'acide chlorhy drique de même titre, les deux liqueurs n'ayant pas changé de volume, la solution dialysée présentait une acidité totale de 0,12, la solution non dialysée de 0,38.
Si on fait le rapport des volumes, et si on calcule la quantité d'acide ayant été dialysée dans ces deux cas, on verra que, pour
56 PROPRIÉTÉS DU sue GASTRIQUE.
le SUC gastrique, — ^^ l'acide a été dialyse, tandis [que, pour la solution d'acide chlorhydrique, jj de l'acide a été dialyse.
En laissant pendant trois jours du suc gastrique soumis à la dialyse, dans des conditions toujours identiques, j'ai constaté que Yï de l'acide avait été dialyse, que par conséquent, même après un temps trois fois plus long, l'acide du suc gastrique n'avait pas été dialyse en si grande quantité que l'acide chlorhydrique d'une solution aqueuse en vingt-quatre heures.
D'^après les chiffres rapportés plus haut (l), le poids du chlore total était de 0,526 pour la liqueur dialysée, de 3,112 pour la liqueur non dialysée; le poids du chlore combiné de 0,44 pour la liqueur dialysée, de 2,05 pour la liqueur non dialysée. Donc le poids du chlore total est dans les deux cas supérieur au poids du chlore combiné: de 0,08 seulement pour la liqueur dialysée, de 1,06 pour la liqueur non dialysée.
Si maintenant on cherche si les chlorures alcalins ont été dialyses plutôt que l'acide, on verra que, pour la liqueur dialysée et la liqueur non dialysée, le rapport du chlore de l'acidité dans ces deux liqueurs est de 0,236 à 3,454, c'est-à-dire de 1 à 15, tandis que le rapport du chlore combiné est de 0,44 à 2,05-, par conséquent de 1 à 4. Ainsi, quand -f des bases a été dialyse, il n'y a que ~ de l'acide qui a été dialyse pendant le même temps. Nous pouvons en conclure ce fait important :
L'acide du suc gastrique est un acide chloré qui passe en partie à la dialyse, mais qui est dialyse moins facilement que l'acide chlorhydrique.
Il était intéressant de comparer le chlorhydrate de leucine à une solution aqueuse. d'acide chlorhydrique, et aune solution d'acide chlorhydrique dans le suc gastrique.
En prenant ces trois solutions de même acidité, soumises à la dialyse dans des conditions absolument identiques, et pendant le même temps, j'ai trouvé que, si on représentait par 1 la quantité d'acide ayant été dialyse dans la solution aqueuse d'acide chlorhydrique, on trouvait qu'avec la solution de leu-
(1) Voyez page 35.