‹ Thèses présentées à la faculté des sciences de Paris pour obtenir le grade le docteur èsChapitre 21 sur 66 · P£PS1I · texte numérisé non relu

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sur la pepsine (1), en sorte qu'on a pu en préparer industriellement.

Le procédé qu'on emploie pour obtenir de grandes quantités de pepsine, est fondé sur la propriété que possède ce ferment de se précipiter avec les substances inertes qu'on précipite dans une de ses solutions (2).

On prend l'estomac d'un veau, ou mieux d'un porc, et on sépare la tunique muqueuse de la tunique musculaire, La muqueuse est alors coupée en petits morceaux, et mise à macérer dans de l'eau tiède (vers 40 ou 50 degrés), acidulée avec 2 à 4 millièmes d'acide phosphorique. Après décantation, la solution acide est neutralisée par la chaux. Le phosphate basique de chaux, en se précipitant, entraîne mécaniquement la pepsine. Le précipité est recueilli, redissous, et la pepsine peut être séparée du sel de chaux soit par dialyse, sôit par une nouvelle précipitation au moyen de l'alcool. Malheureusement, l'alcool fait perdre à la pepsine une partie de ses propriétés digestives, ainsi que je m'en suis souvent assuré; et il faut renoncer à ce moyen de purification.

Brûcke (3) a proposé, pour préparer de la pepsine pure, un moyen assez compliqué. La pepsine en solution est agitée avec une dissolution de cholestérine, d'alcool et d'éther. La cholestérine en se précipitant entraîne la pepsine. La pepsine ainsi obtenue est traitée par Téther, qui enlève la cholestérine et laisse de la pepsine très-pure.

Wittich (4) a montré que, pour obtenir la pepsine ainsi que les autres ferments actifs des glandes, il valait mieux employer la glycérine, qu'alors l'extrait stomacal ne se putréfiait pas, et qu'on pouvait extraire toute la pepsine contenue dans l'es-

(1) Deschamps, Joum. de pharmacie, 1840, p. 416, l'appelle chymosine. Payen, Comptes rendus de VAc, des sciences, 1843, t. XVII, p. 654, l'appelle gastérase. On peut consulter les travaux de Valentin, Froriep's Notizen. — Elsâsser, Magenenjoei' chung der SaUglingen. Stutlgard, 1845.

(2) Cette propriété a été découverte par Mialhe, Mém, sur la digestion et Vassimilalion des matières albuminoïdes, 1847. — Chimie physiologique, 1856.

(3) Sitsh, d, Kais. Ac, d, Wissen, in Wien, 1859, t. XXXVIII, p. 14,

(4) Arch. de Pfluger, t. U, p. 193, et t. V, p. 435.

62 PllOPllIÈTÉS DU SUC GASTRIQUE.

tomac. ËQ versant de l'alcool dans de la glycérine^ on a un précipité, qui est de la pepsine sensiblement pure (1).

L'analyse de la pepsine a montré que sa constitution était sensiblement la même que celle des matières albunimoïdes. Vogel (2) a donné des chiffres vraisemblablement peu exacts. Schmidt (3) a trouvé les chiffres suivants, qu'il est intéressant de comparer à ceux des matières albuminoïdes en général :

C = 53.0 ;C de 53.7 à 54.5

^ . .H= 6.7 ^^ .^ ,, . . \h de 6.9 à 7.3

Pepsine. < ^ ^^ ^ Matières albumm. < . .„ , ^ ,^ r.

^A2=17.8 iA2 de 15.4 à 17.0

JAs

= 22.5 10 de 20.9 à 24.5

Nos connaissances sur la pepsine sont encore bien précaires, puisque Schiff (4) a pensé que la pepsine n'est pas un corps albuminoïde, ni même azoté. Il s'appuie sur ce fait : que l'injection d'une petite quantité de dextrine, corps non azoté, dans le sang, fait apparaître immédiatement la pepsine dans l'estomac : Brûcke semble être arrivé à un résultat analogue. Il a obtenu un liquide peptique extrêmement pur, doué de propriétés peptonisantes énergiques, et n'ayant aucun des caractères propres aux autres substances protéiques.

Selon Harley (5), il y aurait dans le suc gastrique 2 p. 100 de pepsine. Je n'ai pas besoin d^ ajouter que cette affirmation ne repose sur aucune preuve, et que, pour démontrer un pareil fait, il faudrait des expériences bien plus précises, et une connaissance exacte de la constitution chimique de la pepsine. Schmidt admettait 17 grammes de pepsine pour 1000; mais il s'agit évidemment de pepsine impure dans l'un et l'autre cas^

(1) Celte opinion n'est pas exacte pour ce qui concerne Tôxtrait stomacal non acidifié. Ayant laissé des estomacs de brochet dans de la glycérine non acidifiée Je les trouvai au bout de plusieurs jours complètement putréfiés. Je reviendrai plus tard sur ce

point»

(2) Voy. Journ. de Pharmacie, 1842, t. H, p. 276.

(3) Bidder et Schmidt, Die Verdauung,sàfe, p. 46.

(4) Leç. sur la digestion, t. H, p. 75,

(5) Brit. and Forcing med. Chir, Rev. Janv. 1860, p. 206. Analysé dans le Journa, de la physiologie, 1862, t. V, p. 632.

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