Suc gastrique 34.1 Éther
R = 45.2 id.
R = 50.6 (viande sans vin).
R = 14.2 id.
Je pourrais rapporter encore un grand nombre d'expériences, mais rien ne serait plus fastidieux qu'un tel amas de chiffres ; si on ne cherchait pas à en tirer des conclusions intéressantes au point de vue des modifications chimiques que subissent les aliments pendant la digestion.
On voit d'abord qu'il y a un très-grand écart dans les rapports de partage, ce qu'il est facile de prévoir. Supposons en effet qu'on ait pris du vinaigre : le rapport de partage baissera immédiatement, par suite de la présence de l'acide acétique, etc. Aussi une moyenne (elle est de 54 pour ces 8 expériences) ne donnerait-elle aucun résultat.
Quant au rapport de partage des acides solubles dans l'éther, il parait être à peu près le même que pour le liquide gastrique du veau :
Œufs (moyenne de sept expériences) = 3.1 Viande (moyenne de dix expériences) =2.8
On voit que cette moyenne se rapproche beaucoup aussi du coefficient de partage de l'acide sarcolactique.
Enfin, si on fait sur la portion aqueuse, contenant l'acide insoluble, une série de traitements successifs, on voit le rapport de partage
aller en croissant, et on aies chiffres suivants :
CH. niCHET. 7
On peut démontrer que, mênoe dans le suc gastrique filtré, il se trouve des acides gras à coefBcient de partage très-élevé ; ainsi, en faisant par Téther un traitement du suc gastrique, et en reprenant successivement par Teau l'éther acide , on a un rapport de partage R' allant en décroissant, en sorte qu'il reste à la fin un acide très-soluble dans Téther.
Suc gastrique 20.3 ) ^ . ^- ^ Éther 0.8 1 ^ = ^^'^
Éther 0.7
Eau 2.3
Éther 0.7
Eau 1.1
Éther 0.4
Eau 0.5
Ainsi le rapport de partage va successivement en décroissant :
Naturellement, je ne donne pas ici tous les chiffres que j'ai obtenus; ils sont d'ailleurs en harmonie avec ceux que je rapporte, et permettent d'arriver aux mêmes résultats, que Ton peut formuler en deux propositions générales :
V En traitant le suc gastrique mixte par l'éther, on peut extraire des acides qui semblent être constitués surtout par de l'acide sarcolactique ;
â"* Outre cet acide, le suc gastrique mixte contient encore un acide insoluble dans l'éther, qui semble être de l'acide chlorhydrique faiblement combiné, et qui est toujours en excès.
Ces deux propositions étant démontrées, nous passons maintenant à un autre sujet, à savoir : la variation proportionnelle de ces acides, selon les transformations chimiques des aliments.
Quand on compare l'acidité du liquide gastrique mixte, au moment où il sort de Testomac, à l'acidité de ce liquide^ après qu'on l'a chauffé quelque temps dans une étuve (1) à
(l) Je me suis servi, pour ces digestions artificielles, de l'ingénieux appareil que M . DarsoDval a récemment imaginé, et qu'il a eu l'obligeance de mettre à ma disposi-
40 degrés, on voit que l'acidité du liquide a augmenté dans une proportion souvent considérable (1).
Le fait est trop important pour que je ne le prouve pas par des chiffres :
f Suc gastnqne avec œufs, non chauffé 26.6 \r^.r^, r ^ \ sansvm. l chauffé 33.5
Id.
— viande sans vin.
— viande et vin.
Id.
Id.
Id.
Id.
chauffé 33.5 non chauffé 24.7 chauffé 43.1 non chauffé 18.8 chauffé 28.5 non chauffé 41.1 chauffé 54.1 non chauffé 32.5 chauffé 38.3 non chauffé 32.8 iîhauffé 34.7 non chauffé 31.9 chauffé 34.1 non chauffé 42.1 chauffé 48.0
Différ. 18.4
JDiffér. 9.7 j Différ. 13.0 loiffér. 5.8 Différ. 1.9
Différ. 2.2
Différ. 5.9
Chacune de ces unités représente^ pour dix centimètres cubes de suc gastrique, 0,0008 de chaux, soit un demi-milligramme, ce qui fait, pour mille grammes de suc gastrique, une valeur d'un demi-décigramme par unité.
Si maintenant on calcule la proportion pour 100 diacide formé par la digestion arliflcielle, on arrive à voir que, si l'acidité primitive est supposée égale à 100, elle a augmenté des quantités suivantes :
Exp. 1 Exp. 2
tion. On peut obtenir, à l'aide de cette étuve, des températures eonstantes jusqu'à 75 degrés.
(1) Ce fait, que je croyais et que je crois encore nouveau, aurait été, au dire de Salkowski {Centrdttlatt fur die med, Wissenschaften, 1877, p. 796, no44), déjà observé par Maly. Cette assertion ne me parait pas fondée. Maly croit qu'il y a des fermentations par des infusoires, dans des conditions pathologiques. Mais, à l'état normal, il n'a jamais trouvé de fermentations dans l'estomac.
100 PROPRIÉTÉS DU sue GiSTRIQDE.
Exp. 3 51.6
Exp. 4 34.3
Exp. 5 17.8
Exp. 6 5.8
Exp. 7 6.8
Exp. 8 14.0
Avec le lait, les différences sont encore plus prononcées ; mais nous traiterons plus loin de la digestion du lait, laquelle, vu son importance etTintérêt des questions théoriques et pratiques qui s'y rattachent, mérite d'être étudiée en détail.
Cette acidification des aliments mélangés au suc gastrique doit être rapprochée de ce fait, que, dans le suc gastrique mixte, la proportion des acides organiques a augmenté. Tout se passe comme si, par l'action d'un ferment spécial, les matières alimentaires se transformaient en peptones et en acides, l'acide formé servant à faciliter la transformation des matières albuminoldes en peptones, et cela sans le secours de la sécrétion de la muqueuse stomacale.
Par des temps chauds^ la fermentation peut s'opérer sur le filtre, en sorte que l'acidité augmente au fur et à mesure que le liquide filtre.