‹ Thétre en versChapitre 41 sur 96 · DAME-LO · texte numérisé non relu

DAME-LO

Je veux tout savoir! Je le veux!

CÉSAR SFOHZA

Àt! fait, tu ne vaux plus que ma pilié t'exempte

D'un tourment. — Vous dormiez, à l'aurore naissante,

Ton frère et toi. Des gens — tt ne las pas rêvé —

Sont venus en tumulte et te Tout enlevé ;

Piqueurs, veneurs avec leurs chiens qui voulaient mordre;

Et ces hommes, gaiement, on fait cela sur l'ordre

D'une femme qui, par les bois, quand le jour point,

Passe, l'arc à l'épaule ou l'oiseau sur le poing.

Chasseresse en habit de nymphe ou de morisque!

DANIELO

Cette femme?

CÉSAR SFORZA

C'était la Reine, A présent, risque A l'épargner encor, faible âme, ton salut.

DANIELO

Pourquoi me Tavoir pris?

Alors, il est vivant î

CÉSAR SFORZA

Un jeune homme. Il lui plut.

DAMELO CÉSAR SFORZA

Fou ! la reine est saisie, Parfois, d'une colère ou d'une jalousie, Ou d'un désir de plaire à quelque amant nouveau... Le lit royal eut pour ruelle le tombeau.

DANIfcLO

11 est mort I •

Il sanglote, mais, tout à coup :

Donnez-moi le poignard I que je tue!

Ah! rinfâme!

Il donne de grands coups de lame dans la table. CÉZAR SFORZA

Que fais-tu donc?

DAMELO

Je m'habitue A frapper.

Au bruit, les quatre gentilshommes sont rentrés. Danielo lés voit.

Vous vouliez pour ce meurtre mon bras?

Le voici.

L'arme levée :

Ta vengeance, oui, seigneur, tu l'auras...

Dans la mienne!

A tous les hommes qui l'entoorent :

Voyons. Le jour de la besogne?

JEAN CESANO

Le sixième d'avril.

DANIELO

Bien. La ville?

JEAN VASARI

Bologne.

Bien, Le lieu?

DANIELO POMPEO CORTtZ

Le palais.

DANIELO

Bien-. L'heure?

CASTIli LIGNE

Celle-ci.

DANIELO

Bien. Comment pénétrer?

JEAN CESANO

J'y pourvoirai.

DANIELO

Merci.

Mais pourquoi pas demain? ce soir? Quoi ! Ton m'oblige D'attendre! Cinq longs jours! Je veux frapper, vous dis-je. Lentenient. Pour tirer de ce cœur abhorré Plus de gouttes de sang que mes yeux n'ont pleuré De larmes!

Au fond de la scène :

Regardez ! L'acier où le ]our bouge S'allume pur et clair. Je vous le rendrai rouge!

Dans le paroxjsme de sa fureur, — pendant que l'on entend, assez près des éclats de rire et dos voix folles, — il sort violemment par le fond, à gauche. Les belles filles et quelques jeunes hommes qui sont sortis avec elles, apparaissent, à droite, sur la route descendante. Pantasilée regarde avec ëtonnoment cet inconnu qui s'enfuit. Même elle le désigne à Pomone et à Angélique; cette attention de Pantasilée sera assez longue pour être remarquée par le public.

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