ORLANDA, DANIELO, C$SAR SFORZA
LES DEUX Franciscains
Peu à peu, toute la cour entrera par la porte que la reine a poussée et par les autres portes du fond.
CÉSAR SFORZA
aux moines.
Faites votre devoir.
Les deux franciscains s'avancent vers Danielo.
ORLANDA
Quel devoir? Qu'osez- vous! Moines, au monastère!
CÉSAR SFORZA
désignant Danielo, d'un ton simple, tout en observant l'effet de ses paroles sur la reine
Cet homme en un couvent de Tordre trinitaire, L'an passé, prononça des trois vœux le premier : Selon le droit canon et le droit coutumier, Son procès ressortit à la très sainte Église. Que Votre Majesté, d'ailleurs, se tranquillise^ Elle sera vengée.
DANIELO
Ah I voici la mort I
ORLANDA
Non!
Que m'importe l'Église et votre droit canon. Je suis reine à Bologne et votre audace est grande!
Aux courtisans, en montrant Danielo que les franciscains vonl emmener.
Retenez-le !
Les courtisans se disposent à obéir.
CÉSAR SFORZA
Qui donc, quand l'Église commande, Désobéit?
Les courtisans hésitent.
ORLANDA impérieuse
Eh bien !
Mais, sur un signe du cardinal, ils sq détournent en baissant la tèW. :
Lâches!
Les moines emmènent Danielo. *
Je ne veux pas !
Mon Danielo!
DANIELO prêt k sortir par la porte du fond, entre les deux moines.
J*accepte et j'aime le trépas !
Pour le cher sang versé, pour la tombe trahie, Soyez maudite, femme entre toutes haïe.
Et veuille Dieu, doublant l'angoisse qui te mord, Que tu m'aimes assez pour mourir de ma mort !
Il est sorti. Le cardinal le suit, après un mouvement de triomphe. Les courtisans s'éloignent aussi, silencieusement. Les portes se referment. Orlanda reste seule.