‹ Thétre en versChapitre 9 sur 96 · NÉ RIXE · texte numérisé non relu

NÉ RIXE

Antonio, je ne sais que ce nom.

Et maintenant, partez.

PIERROT

Diantre! où veux-tu que j'aille?

NÉRINE

- vers la fenêtre

Monseigneur, il se livre au ciel une bataille

Formidable : vent noir, flocons blancs, fauve éclair!

Evitez, s'il se peut, de coucher au grand air.

Trop heureux! Votre lit vous attend, chaud, plein d'aise,

En face du foyer garni de rouge braise.

Dans un palais de marbre où vient battre la mer !

PIERROT

J'ai fait avec mon oncle un troc assez infâme L'autre soir, — j'ai cédé mon palais sur sa femme,

NÉRINE

C'est affreux!

PIERROT

J'en conviens. Couche-moi quelque part.

NÉRINE

Non.

PIERROT

Un lit.

NÉRINE

Impossible.

PIERROT

Un sopha, par hasard?

NÉRINE

Jamais.

PIERROT

Comme une nuit d'été rayonnant d'astres, Le dessous de ma veste est étoile de piastres; Nérine, les vois-tu?

NÉRINE

ouvrant un« porte

Je vous cède mon lit.

A merveille! — Salut, lieu chaste où s'accomplit Pour un peu d'or l'achat des caresses sans nombre ! — Le lit est grand?

NÉRINE

Des plus étroits.

PIERROT

C'est hasardeux Pour ta pudeur. Au moins, nous ne serons que deux?

E«:eunt.

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