UN PAGE
Le roi !
Lo roi entre vivement. Il s*agite, parle et sourit avec la vivaciti familière et an peu puérile des convsûescents.
LE ROI
à Tun de ses écuyers
J'avais gagé de les trouver ici.
Les ducs courbent la tête.
Dieu vous garde, bons ducs!
Se retournant :
Et Dieu vous garde aussi, Messeigneurs.
Aux ducs :
Vous savez que le conseil s'assemble?
Ne tardez point.
Rapproché de la reine, d'un ton plus bas :
Ma chère Isabelle I
A Juvénal des Ursins qui s'avance vers lui :
Il me semble Que je suis rajeuni de quinze ans, tant mon cœur Bat à l'aise, léger d'alarmes et vainqueur Des soucis!
Aux ducs, d'une voix attendrie :
Votre accord m'a donné cette fête.
Les considérant :
Comme ils sont beaux! Comme ils sont fiers! La paix est faite
Désignant son portrait, au fond :
Ahl-jadis, je marchais au combat le premier, Formidable et portant une louve au cimier De mon casque ! Je veux décrocher mon armure Et guerroyer encor. ^
Les ducs demeurent sombres.
Qu'avez-vous?
Les courtisans parlent bas entre eux.
On murmure?
Non. J'ai mal entendu, sans doute. Quelquefois J'entends très mal.
Affairé :
Songeons au conseil.
Ému :
Je vous vois Unis! Toute mon âme est pleine d'espérance.
Il tend ses mains aux deux princes qui les baisent. ^
LOUIS d'orléans Dieu sauve monseigneur I
JEAN-SANS-PEUR
Dieii protège la France !
LE ROI
Je sais bien ce qu'on a. Vous êtes étonné Que le triste malade à Tennui condamné Sourie enfin? Le ciel m'a fait miséricorde; Je suis guéri. Mon mal, c'était votre discorde ; Il n'est plus. Le beau jour espéré si longtemps!
A Jean-sans-Peur :
Bourgogne! avez- vous vu, comme ils étaient contents,
Nos bourgeois? Leurs noëls réjouissaient l'oreille.
Quelle foule! Jamais on n'en vit de pareille.
Je voulais avancer et je ne pouvais pas;
On riait. Mes chevaux allaient au petit pas;
Les bonnes gens disaient entre eux : « Comme il va vite ! »
Les rois sont malheureux lorsque le peuple évite
De les suivre en criant : « Noël pour Monseigneur! »
J'ai passé bien des fois sans qu'on me fit honneur
Et mes écuyers seuls m'entouraient dans les rues.
Une pause.
Grâce à vous, je revois mes gloires disparues,
Et j'ai bien entendu que plus d'un m'a nommé. Comme on faisait jadis, Charles le Bien-Aimé.
Le roi tombe dans uue rêverie doace. Les ducs se sont mseDSil>lenker: rapprochés. Juvëaal des Ursins, Moataigu et d'aalres leur adresej des regards suppliants. — Enân, le roi, brusquement :
Mais rheure passe. Allons.
 la reine :
Au revoir, Isabelle l
LÀ REINE
Monseigneur l
LE ROI
près de la porte, appuyé sur Tépaule de Juvénal
Juvénal, vois donc comme elle est belle !
Puis, rapidement :
Messeigneurs, au conseil 1
Nouvelle pause.
Ohl très belle, en effet.
Le roi sort. Les deux princes le suivent lentement, sombres, silencieux. Toute la cour s'incline sur leur passage, puis les accompagne après avoir salué la reine. Les dames seules demeurent; d'un geste bref, la reine les congédie. Elles sortent, surprises.