‹ Theveneau de Morande; étude sur le 18e siècleChapitre 14 sur 55 · MORANDE PEINTRE DE MŒURS · texte numérisé non relu

MORANDE PEINTRE DE MŒURS

Il aime, lui aussi, le document humain. Il ne traduit pas les mœurs de son temps dans le style pompeux des Belles irijïdèles. Sa manière est nerveuse et cynique : les mots piquants, les personnalités abondent. C'est surtout quand il parle des choses du théâtre que le pamphlétaire anonyme déploie ses qualités les plus incontestables : la verve et l'esprit. Aussi bien, il est là sur son terrain de prédilection, au milieu des roués et des femmes galantes, sur la lisière du grand monde et des bas-fonds interlopes de la société. 11 savoure la jouissance intime de voir tous ces beaux seigneurs dupés par des cabotins et des actrices-courtisanes. Le Ga:{etier cuirassé prend une à une les princesses delà rampe, et, comme un montreur de lanterne magique, les donne tour à tour en spectacle, détaillant leurs traits, racontant leurs exploits et, entre temps, criblant de sarcasmes leurs illustres adorateurs.

Entrons, à la suite de Morande , dans ces coulisses qu'il connaît si bien, et commençons ce voyage au pays du Tendre en frappant à la porte de l'Opéra.

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