I.EÏRAS
Votre époux ne fut qu'abusé. Il vous croyait au nombre de ses ennemis... Mais quand il saura que vous avez sauvé ses plus fidèles serviteurs ; que moi-même , qu'il croit mort depuis long-temps , moi son cher Leïras , je dois la vie à votre couiage.... croyez qu'il oubliera...
MARIE
Et quand il oublierait ses torts , puis-je ne pas me les rappeler sans cesse !... Je crois lire encore la lettre qu'il m'écrivit le lendemain de celte nuit fatale, en m'envoyant redemander son anneau de mariage...
LEÏRAS.
Et d'après celte lettre vous le haïssez ?
Plut au Ciel \
AIR ; J'en gnatte un petit de. mon âge (des Scythes.) Envain pour dompter ma faiblesse, L'orgueil me pri^tc son secours, Je devrait le hu'ir sans cesse, Nais mon cœur l'aimera toujours.
Ses torts, ses trahisons cruelles, ' N'ont pu vaincre mes scntimeni.
On vante les amans ronstaas, Et l'on aime Icn infidèles.
LEÏRAS.
Quel est donc votre projet?
MARIE
De me retirer en un monastère éloigné du théâtre de la guerre ; mais l'accident qiii vient de nous arriver me fait trembler à chaque instant de nous voir surpris.
rEÏRAS.
Rassurez-vous, Madame.... Voici notre h6te qui revient ; je vous laisse avec lui , et je vais voir si quelque danger nous menace encore.
( Il sort. )