Ibid
4. « Je suis comme vous tout consolé de la réception de Fontenelle : M. Rose parait fâché de voir, dit-il, l'Académie in pejus ruere. » {Lettres de Racine A Boileau.)
Fontenelle fut reçu au commencement du mois de m'ai : l'abbé Testu était alors directeur de la Compagnie, mais « son peu de santé ne lui permettant aucune application, M. de Corneille, cpii était chancelier, fut obligé de parler au lieu de lui, ce qui causa quelque curiosité parmi ceux qui composaient l'assemblée , puisqu'étant oncle de M. de Fontenelle, la bienséance voulait qu'il cherchât un tour particulier pour se dispenser de lui donner des louanges l ».
Cette réponse de Thomas Corneille fut très aimable et très sage : après avoir avoué quelle part il avait prise à cette élection 2, il déclara qu'il ne voulait pas dire de son neveu tout le bien qu'il pensait de lui 3, que c'était une sorte de modestie qui l'en empêchait, qu'il ciovait lui être plus utile en lui donnant quelques conseils; et ces conseils, qui étaient bien ceux qu'un père eût pu donner à son fils, furent présentés d'une manière si sensée et si agréable, que tout le monde dut se déclarer content. Mais Fontenelle laissa échapper dans sa harangue une phrase malheureuse, qui fut tout de suite relevée : « Je tiens, dit-il, par le bonheur de ma naissance, à un grand nom, qui, dans la plus noble espèee des productions de l'esprit, efface tous les autres noms ». Le mot efface déplut fort aux amis de Racine et, l'abbé Lavau ayant ensuite prononcé un discours où il louait sans mesure le récipiendaire, ils quittèrent la séance tout à fait irrités.