El amor al uso
caractère. En 1653, les comédies pastorales étant revenues à la mode, il en fait, avec des morceaux d'un roman de Sorel, une assez amusante satire (Je Berger extravagant) ; la même année, il éprouve son premier échec avec le Charme de la voix, dont l'intrigue paraît trop embrouillée à un public qui était pourtant accoutumé à en suivre de singulièrement confuses : mais il prend son parti de cet insuccès avec infiniment de bonne grâce, accepte sans récriminer le jugement du parterre et se promet de faire mieux '.
L'année suivante, en 1654, il se trouve en concurrence avec deux poètes, dont l'un avait déjà obtenu de brillants succès au théâtre, dont l'autre avait, à défaut d'un grand talent, des protecteurs nombreux et puissants : Scarron et l'abbé de Boisrobert. Renonçant pour une fois à ses bouffonneries ordinaires, le spirituel paralytique avait voulu s'essayer dans un genre un peu plus élevé et il avait pris dans une comédie de Francisco de Rojas - le sujet d'une tragi-comédie. Par une rencontre assez extraordinaire, mais à coup sûr accidentelle, Thomas entreprit dans le même temps de travailler sur la même matière, et, comme il faisait les vers plus rapidement que n'importe qui, il termina le premier sa pièce, qu'il intitula les Illustres Ennemis : il la fit jouer à l'Hôtel de Bourgogne, où nous savons qu'elle eut un heureux succès. Pour Boisrobert. ce ne fut point par hasard qu'il traita un sujet dont d'autres avaient déjà pris possession. « Scarron, racontent les
1. « Je n'appellerai point, dit-il dans l'Avertissement de cette pièce, du jugement du public sur cette comédie : il peut se laisser surprendre dans les approbations qu'il donne.... mais il arrive rarement qu'il condamne ce qui mérite d'être approuvé, et, puisqu'il s'est déclaré contre cet ouvrage, je dois être persuadé qu'il avait raison de le faire. »