‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 6 sur 206 · Obligados e offendidos y gorron de Sulamanca · texte numérisé non relu

Obligados e offendidos y gorron de Sulamanca

frères Parfaict, aimait à lire ses ouvrages à ses amis, à mesure qu'il les composait. 11 appelait cela essayer ses livres. L'abbé de Boisrobert fut du nombre de ceux à qui il fit la lecture de sa comédie : il en trouva le sujet à son goût et ne se fit pas scrupule de recourir à l'original, pour en composer les Généreux Ennemis, comédie qui fut représentée à l'Hôtel de Bourgogne, alternativement avec celle des Illustres Ennemis de M. Corneille le Jeune, avant que Searron eût fait paraître la sienne sur le théâtre du Marais !. » Searron ne pardonna pas à l'abbé ce procédé peu délicat et se vengea, comme on sait, en disant beaucoup de mal de son talent et davantage encore de ses mœurs.

Le jeune Corneille resta en dehors de la querelle : sa réputation d'honnêteté était déjà trop bien établie pour qu'on le pût soupçonner d'avoir voulu exploiter l'idée d'un autre à son profit. 11 avait d'ailleurs fait à ce sujet une profession de foi assez nette dans la Dédicace de ses Engagements du hasard, qui venaient d'être imprimés peu de temps auparavant : « Vous connaissez jusques au fond de mon cœur, et vous pouvez répondre pour moi que, quand je n'estimerais pas tous ceux qui écrivent aujourd'hui pour la scène, au point que je les estime, je suis trop persuadé qu'il n'est pas tout à fait beau de marcher sur les pas d'autrui, pour avoir jamais la pensée de m'engager à un dessein où j'aurais été prévenu 2 ».

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