‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 73 sur 206 · Id., III, il · texte numérisé non relu

Id., III, il

LES TRAGEDIES CORNELIENNES. 1;, I

« Si tu t'étonnes de mon entreprise », ajoute-t-elle,

Jette un moment tes yeux sur tes proscriptions, Vois de là sous ton nom tes provinces pillées, De leur premier éclat tristement dépouillées, Servir d'injuste proie à qui, pour s'enrichir, Dans d'infâmes emplois ne craint point de blanchir \

N'est-ce point là Emilie, avec plus d'énergie encore, parce qu'elle n'emprunte pas le bras d'un autre pour exécuter son dessein, avec plus de constance aussi dans la haine? Cette lui lue même n'est-elle pas plus haute et plus généreuse, puisque Emilie ne veut venger que son père, tandis qu'Helvie veut venger et affranchir sa patrie asservie ?

Dans Stilicon, clans Maximian, la vertu est faiblement représentée. Les personnages principaux de ces deux pièces sont criminels, mais si le forfait qu'ils méditent est horrible, le sentiment qui le leur inspire « a quelque chose en soi de noble et d'héroïque ».

On connaît l'étrange destinée de Stilicon. Redoute des Saxons et des Francs, vainqueur d'Alarie et de Radagaise , ancien tuteur d'Honorius , devenu son ministre tout-puissant et son beau-père, il se laissa enivrer par toute cette gloire et complota la mort de l'empereur pour mettre sur le trône son propre fils. Sa conspiration fut découverte et on l'égorgea à Ravenne. (l'était la une tragédie toute faite, e1 Thomas Corneille n'a presque rien eu à ajouter à l'histoire : mais ce qui perd chez lui Stilicon. c'est moins l'ambition qu un ainoiii' paternel poussé à bout, exaspéré. Depuis longtemps il souffre de voir que son lils n'est qu un sujet, tandis que sa fille esl impératrice.

Ce lils. Iloiioiius l'a comblé de ses faveurs, il I a nus

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