I.a Mort de Commode, IV, ir
aussi près du trône qu'il se pouvait. Cela n'est pas assez :
Un degré l'en sépare, et ce degré c'est tout. La grandeur la plus vaste est toujours imparfaite, Quand d'un plus haut pouvoir elle se voit sujette, Et ce qu'à commander elle donne de droits Ne vaut pas la douleur d'obéir une fois.
Il conspire donc et c'est à peine s'il hésite à payer d'une si noire ingratitude toutes les bontés que le souverain a eues pour lui. « Je vois le crime, dit-il, mais je brave le remords. Si l'entreprise est effroyable »,
Une grande âme seule en peut être capable
Des plus sacrés devoirs étouffer le murmure, C'est à ses passions asservir la nature; Cet effort ne part point d'un courage abattu, Et, pour faire un grand crime, il faut de la vertu '.
Le complot de Stilicon ne réussit pas. Mais on ne peut croire qu'il en soit l'auteur; c'est son fils qu'on accuse, son fils qu'il n'avait pas voulu associer à son entreprise, pour garder pour lui toute la faute et aussi tout le repentir. Puis, pour comble de malheur, ce fils se fait tuer, en combattant une révolte que Stilicon lui-même avait préparée.
En apprenant la mort de cet enfant chéri, pour la grandeur duquel il avait tout sacrifié, en apprenant qu'il est justement la cause de sa perte, le malheureux père confesse à l'empereur, qui n'ose l'en croire, sa trahison, son forfait; il veut qu'on le mène au supplice, qu'on lui arrache une vie, à laquelle maintenant il ne tient plus, et cette scène de l'aveu est vraiment belle et saisissante :