Stilicon, I, il
LES TRAGÉDIES CORNELIENNES. l.)3
Je vous aimai, seigneur, et l'on ne vit jamais Plus de zèle répondre à de rares bienfaits — J'eus tous les sentiments qui font les grandes âmes, La gloire me fut chère
« Mais, ajoute-t-il, j'eus un fils. »
Ce fils fut une idole à qui j'immolai tout —
Pour élever ce fils au rang où je vous voi,
J'ai trahi vos bienfaits, j'ai violé ma foi,
J'ai démenti mon sang, j'ai pris le nom de traître,
J'ai porté le poignard dans le sein de mon maître,
J'ai souillé lâchement la gloire de mon sort.
Cependant, cependant, seigneur, mon (ils est mort ' !
Et Honorius reste interdit, n'osant pas pardonner et n'osant pas punir. Il évoque le souvenir de ce généreux fils de Stilicon qui vient de se faire tuer pour lui. « Est-ce sur ton père, s'écrie-t-il, que je dois venger ta mort? »
0 toi, dont la vertu toujours brillante et pure, Presse mon amitié de venger ton injure, D'un si cruel devoir daigne me dispenser, Ou me donne du sang que je puisse verser 2 —
Nous voilà loin de Timocrate!
Maximian est lui aussi un conspirateur. Lui aussi il se laisse aller à une odieuse trahison. Mais ce qui le rend criminel, ce n'est pas une exagération maladive de ramour paternel, c'est une forme bien singulière de cet amour du pouvoir, qui est par excellence la passion cornélienne.
Maximian 3 a possédé la souveraine puissance, mais il s'en est dépouillé. Associé à l'Empire par Dioctétien,