V, vi
3. Miixiinien Hercule (Marcus Aurelius Valcrianus Maximianus; 250-310).
15'i THOMAS CORNEILLE.
il a dû abdiquer le même jour que lui. Depuis il a vécu a Rome auprès de son fds Maxence; ensuite il s'est retiré à Trêves auprès de son gendre, l'empereur Constantin. Mais là il a bientôt senti l'amer regret du pouvoir perdu. Ces honneurs, qui ne sont plus pour lui, ce titre d'empereur qu'il entend tous les jouis donner à un autre, tout cela l'a fait souvenir de son ancienne fortune et a irrité son envie. Il voudrait connaître encore cet orgueil délicieux de ne sentir personne audessus de soi. Il a comme la nostalgie de l'empire et, pour le reconquérir, rien ne lui coûtera. Son gendre, sa fdle même, il sacrifiera tout. Il se met à conspirer : il recherche des mécontents; il les rassemble, il exploite les mauvaises passions des autres pour satisfaire la sienne.
« Vous voulez la mort de l'empereur, lui dit-on. Mais il est votre gendre? Et que vous a-t-il fait? »
— Il est au trône, il règne,
Et dans l'abaissement du rang où je me voi,
Quiconque est au-dessus, est coupable vers moi l
Non, non, plutôt sur moi tombe cent fois la foudre Qu'on m'oblige à ebanger ce que j'osai résoudre. J'arracherais ce cœur, s'il s'était démenti 2.
Quand la conjuration est découverte et qu'on l'amène devant son gendre, il avoue sans remords l'attentat qu'il a entrepris sans faiblesse : il ne demande ni pitié, ni pardon.
Moi vivre! moi de toi daigner recevoir grâce! Je veux te faire voir, qu'indigne d'obéir, Je sais braver les dieux qui m'ont osé trahir.... Voilà pour me punir d'avoir manqué ta cbute, Et comme je prononce, et comme j'exécute 3 !