‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 136 sur 209 · III, TIÏ · texte numérisé non relu

III, TIÏ

mencc, superficiel, ne visant qu'à l'éclat, inférieur à coup sûr, mais qui a eu une brillante destinée et dont il ne paraît pas que nous nous soyons encore lassés.

Il faut se garder sans doute de trop exagérer cette originalité des Dames s^engées. Il ne faut pas oublier, comme le font judicieusement remarquer les frères Parfaict, a les changements qui étaient arrivés au théâtre^ depuis vingt ou vingt-cinq aiTs * ». Tandis qu'après Racine l'art tragique « demeurait dans. les grandes voies, mais sans produire d'eflfets nouveaux' ))^ Dufresny, Dancourt et même Baron avaient essayé de faire autre chose que Molière, ne pouvant, n'osant pas entrer à sa suite dans le ridicule de la nature humaine et exploiter à leur tour cette riche matière qu'il 'n'avait pas épuisée. Dans leurs petites études, sortes de crayons légers des travers du jour, ils avaient tenté de dissimuler sous des artifices extérieurs* la faiblesse de leur observation. Thomas Corneille les avait vus à l'œuvre : cette évohition du genre, qui était sans doute une décadence, mais qui valait mieux cent fois qu'une gauche imitation de modèles inimitables, il n'a fak que la suivre, il ne fa pas préparée; mais on peut bien dire qu'il a surpassé ses modèles. Pour le fond et surtout pour la forme, les Dames vengées sont incomparablement supérieures à C Homme à bonnes fortunes^ à la Dame à la Mode, au Négligent : elles méritent, je pense, qu'on leur fasse une place dans l'histoire de la comédie française, et il n'ost pas peu curieux de constater que le plus applaudi des prédécesseurs de Molière s'est trouvé être, lui disparu, un de ses moins indignes successeurs.

« Et Boileau? dira-t-on, il semble qu'il est quelque

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